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A400M : un conflit franco-allemand en vue ?

L'Allemagne ne souhaiterait pas remettre la main à la poche pour compenser les retards du programme, alors que la France s'est dit prête à le faire, mais pas toute seule.



A400M : un conflit franco-allemand en vue ?
Selon un responsable du ministère de la Défense allemand cité par le quotidien Handelsblatt, mercredi 6 janvier, Berlin ne cèdera pas aux demandes d'Airbus exigeant des pays commanditaires de l'A400M une hausse du financement de l'avion de transport militaire, en retard de plusieurs années. L'Allemagne ne souhaiterait pas verser pas plus des 650 millions d'euros supplémentaires prévus dans son contrat pour couvrir l'inflation et des surcoûts.

"Le contribuable n'a pas à payer"

"Je ne vois aucune marge de manoeuvre pour répondre aux demandes en milliards d'euros d'Airbus. Le contribuable n'a pas à payer pour des erreurs d'entreprise", a pour sa part déclaré au quotidien Rheinische Post Elke Hoff, experte des questions de défense du parti libéral FDP, qui participe au gouvernement. "Peu avant le coup de sifflet final, Thomas Enders joue son va-tout de manière théâtrale. Mais avant de demander plus d'argent, il devrait remplir les contrats", a déclaré au Handelsblatt Hans-Peter Bartels, son homologue SPD.
Une source potentielle de conflit avec la France, le ministre de la Défense Hervé Morin ayant annoncé qu'il n'envisageait pas un arrêt du programme et que la France était "prête à payer" une partie du surcoût, mais "pas toute seule".

L'abandon, un "scénario" envisagé

Le Financial Times Deutschland a révélé mardi que le patron d'Airbus, l'Allemand Thomas Enders, préparait l'abandon de l'avion de transport militaire, dont le financement fait actuellement l'objet de négociations enlisées avec les pays clients. Un porte-parole d'Airbus, Stefan Schaffrath, a confirmé que l'abandon du programme était un "scénario" envisagé par l'avionneur.
Airbus et sa maison mère, le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, négocient depuis plusieurs mois avec sept pays clients de l'avion, qui ont commandé un total de 180 appareils pour 20 milliards d'euros et auxquels le groupe demande de remettre au pot, les coûts de l'A400M excédant de plusieurs milliards d'euros les estimations initiales.

Mercredi 6 Janvier 2010 - 08:54
infos sezame
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