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Algérie Un nouvel élan économique ?Plus de 60 milliards de dollars. C'est le montant faramineux que le gouvernement algérien a débloqué pour le plan de développement du pays étalé jusqu'en 2010. Un plan jamais lancé en Algérie depuis son indépendance en 1962. Bénéficiera-t-il à terme à toute la région ?
C'est un véritable plan Marshal qui va donc voir le jour en Algérie et qui touchera tous les secteurs d'activité. Une somme colossale et inédite dans un pays du tiers monde. Une somme qui en dit long sur les possibilités financières actuelles de l'Algérie. Elles reposent sur des prix du pétrole et du gaz qui continuent à flamber et des réserves de change de près de 50 milliards de dollars actuellement et dont l'épaisseur pourrait atteindre les 100 milliards de dollars en 2007 selon les prévisions du FMI. D'où l'optimisme de l’Algérie qui se lance dans des projets pharaoniques comme la réalisation d'une nouvelle capitale à 30 km d'Alger, une autoroute qui relierait l'Est à l'Ouest du pays jusqu'à la frontière marocaine (1300 km), la mise en place d'un TGV, l'achèvement du métro d'Alger, la réalisation de plus d'un million de logements d'ici 2006, la fin des travaux de la Transsaharienne qui reliera par la route le Sahara algérien au nordG Gdu pays et sera connectée aux réseaux routiers de tous les pays du Sahel, l'ouverture vers les nouvelles technologies, la mise au point d'un programme spatial national (l’Algérie a actuellement deux petits satellites en orbite) ou l'accélération du développement du nucléaire civil (le pays possède deux centrales nucléaires).
L'Algérie ressemble à un vaste chantier En 2005, un an après sa réélection, le président de la République présentait son programme national de soutien à la croissance économique (PSCE). Un an après, les projets lancés ont presque tous commencé. Près de la moitié de cette enveloppe allouée (45,4 %) sera destinée à l'amélioration des conditions de vie de la population. Il s'agit notamment du logement, de l'université, de l'Education nationale, de l'alimentation en eau potable... Mais c'est le secteur du logement qui raflera la part du lion avec 555 milliards de dinars*. Le pays subit un déficit chronique en logements qui met le taux d'occupation des logements disponibles, à l'échelle nationale, autour de quatre personnes par pièce. Les nouvelles technologies facteur de croissance D'ici 2009, le secteur des transports aura 700 milliards de dinars à lui seul. Le métro d'Alger va enfin être achevé et les études du tramway de la ville vont commencer. En matière d'infrastructure aéroportuaire, il est prévu entre autres le financement de la réalisation de trois nouvelles aérogares, dont celle d'Alger qui sera achevée et qui va porter la capacité d'accueil des passagers en transit à 12 millions, soit le triple de l'aéroport actuel. Le nouvel aéroport sera d'ailleurs géré par Aéroport de Paris (ADP). Le secteur de l'internet devrait connaître lui aussi un essor très important grâce au plan de relance. Le nombre de lieux publics d'accès à internet est ainsi passé de 100 en 2000 à 10 000G Gà la fin de l'année 2005. La proportion d'abonnés à une ligne téléphonique fixe ou à un service de téléphonie mobile atteint 45 % de la population contre 5 % en 2000. Sur le plan régional, l'émergence probable d'une puissance économique « ne peut être que bénéfique à cette région qui a besoin d'une locomotive pour rejoindre le peloton des pays émergents » estiment aujourd'hui certains économistes algériens. Selon eux, la relance du processus d'intégration de l'UMA (Union du Maghreb Arabe) trouvera sa finalité dans l'émergence d'économies viables, intégrées et complémentaires pour les pays de cet ensemble. « Si l’échec de l'UMA est aujourd'hui patent et pendant, il le doit surtout au politique. Sa relance, sa stabilisation,G Gvoire son rayonnement éventuel en Afrique et dans le monde arabe, et pouquoi pas sa transformation en un interlocuteur sérieux et homogène vis-à-vis de l’Union européenne, elle le devra dans un futur très proche aux économistes et aux capitaines d'industrie de ces pays-là. C'est peut-être cette voie qui aplanira les différends géopolitiques entre les principaux pays de l’UMA, le Maroc et l'Algérie », estime Abderrezak Merad, éditorialiste au quotidien francophone algérien El Watan. La « Longue Marche » Pour autant, si le programme de développement semble avoir accueilli les suffrages de l'immense majorité de la population, l'inexistence de réaction modérée, voire désapprobatrice, reste une véritable énigme. Mais cette apparente apathie est-elle vraiment une surprise ? Le contexte politique algérien est aujourd’hui très différent de ce qu’il était il y a quelques années, pendant la tourmente terroriste islamiste. La voix de la société civile, des intellectuels et de l’opposition semble moins porter. En fait, l'avènement de l'ère Bouteflika les a laminés au profit d’un soutien inconditionnel à l'action du président. Mais la frontière entre cet « unanimisme a priori sincère et le totalitarisme est ici très fin » souligne ce militant démocrate. La jeunesse, elle, vivier de la nation avec près de 75 % de la population, ne se soucie pas des sémantiques politiciennes. Elle constate simplement que la paix est réellement là et que le travail commence à devenir une réalité. Le chômage est passé en l’espace de trois ans de 30 % de la population active à 15,5% en novembre 2005. Pourtant, une partie non négligeable de cette frange de la population rêve toujours de l’Eldorado européen. L’Algérie semble donc prête pour le décollage économique. Reste à savoir si les acteurs seront à la hauteur des ambitions de ce pays et, surtout, des moyens mis entre leurs mains… ------------------------------------------------------ Le groupe européen EADS va fournir 2 satellites à l'Algérie dans le cadre du programme Alsat-2. Ce programme spatial sera piloté depuis l'Algérie par le Centre national des techniques spatiales algérien. Carrefour ouvre le 1er hypermarché en Algérie. Ce type de grande surface est une première pour le pays. Le magasin ouvert à Alger est un partenariat avec le groupe algérien Ardis, pour un montant global de 3 millions d'euros. Le 1er groupe industriel algérien, CEVITAL, a innové en Algérie en procédant au premier emprunt obligataire d'une entreprise privée, d'un montant de 5 milliards de dinars, sur le marché de la jeune Bourse d'Alger. Siemens France a remporté un contrat d'un montant total de 380 millions d'euros pour la construction de la première ligne du futur métro d'Alger. ------------------------------------------------------------- L’Algérie en bref *Population 35 millions d'habitants *Superficie 2,3 millions de km2 *PIB (2005) 85 milliards de dollars 2700 dollars/habitant *Réserves de change 60 milliards de dollars *Commerce extérieur Italie, premier client avec 3,8 milliards de dollars en 2005. France, 1er fournisseur avec 3,5 milliards de dollars en 2005. ----------------------------------------------------- RAPPORT 2005 du FMI Trop grande dépendance de l’Algérie vis-à-vis des hydrocarbures Les experts du FMI (Fonds monétaire international) recommandent à l'Algérie de diversifier ses sources de revenus, si elle veut se mettre à l'abri des soubresauts et assurer la stabilité de son économie, sachant que les exportations d'hydrocarbures interviennent pour 97% de l'ensemble des rentrées du pays, du fait de la faiblesse des autres secteurs productifs. Le FMI énumère aussi comme handicaps le retard pris dans la réalisation de la réforme du système bancaire, source de blocage dans la dynamisation des investissements et le développement des activités des entreprises, considérés comme seuls leviers pour résorber le chômage (qui se situe à un taux de 15,5 %) et réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole. Le FMI conseille aussi une plus grande transparence de la politique monétaire, de façon à se conformer aux normes internationales. Il est à rappeler que le secteur bancaire en Algérie a été éclaboussé ces derniers mois par de grands scandales, attribués « au manque de transparence et au clientélisme ». La BGM (Banque générale méditerranéenne) est la sixième banque privée algérienne à faire l'objet d'une liquidation. Jeudi 15 Février 2007 - 04:43
Abderrahmane Hayane
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