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Clotilde Reiss : la piste de l'échange de prisonnierL'Iranien Ali Vakili Rad, détenu en France depuis 1991, servira-t-il de monnaie d'échange à l'extradition de Clotilde Reiss ?
Mercredi soir, Nicolas Sarkozy a dit refuser tout marché avec l'Iran. "Il n'y aura pas de chantage", a-t-il martelé. Pourtant, selon le journal Le Figaro daté du mardi 22 septembre, des négociations seraient en cours pour accélérer le départ de Vakili Rad, condamné en France, en 1994, pour l'assassinat de Chapour Bakhtiar, l'ancien premier ministre du chah d'Iran. Des négociations évoquées à mots couverts lors de l'entretien du chef de l'Etat iranien sur France 2, mardi 22 septembre.
LES FAITS Selon Mahmoud Ahmadinejad, aucune puissance n'osera agresser l'Iran CHAT Les régimes autoritaires, facteurs d'instabilité internationale ? LES FAITS Ahmadinejad appelle au départ des troupes étrangères de la région DÉCRYPTAGE Des nuances entre Paris et Washington à propos de l'Iran COMPTE RENDU L’opposition iranienne réaffirme son existence lors de la journée d’Al-Qods SON Iran : les conservateurs ont serré les rangs Edition abonnés Repère : Iran : une élection présidentielle à énigmes Agé de 50 ans, Ali Vakili Rad vient d'achever sa période de sûreté. Prenant pour argument sa conduite exemplaire en prison, son avocat, Me Sorin Margulis, a déposé le 14 août une demande de libération conditionnelle assortie d'une mesure d'expulsion. L'autre prisonnier dont il pourrait être question est Majid Kakavand, un ingénieur iranien arrêté en France, en mars dernier, à la demande des Etats-Unis. La justice américaine lui reproche l'achat sur Internet de composants électroniques jugés sensibles. "Le ton employé par Ahmadinejad n'est pas surprenant compte tenu de la récente dégradation des relations entre l'Iran et la France", remarque Thierry Coville, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste de l'Iran contemporain. "Jusqu'en 2005, les relations entre la France et l'Iran étaient plutôt bonnes, surtout depuis la fin de la guerre en Irak," ajoute-t-il. "Finalement, la France figurait assez bas dans la liste des pays considérés comme ennemis par l'Iran", rappelle-t-il. "Mais, depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête du pays, les tensions se sont ravivées." Contrairement aux Etats-Unis qui, depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, ont choisi de renouer avec le dialogue et la négociation, la France a très clairement durci le ton face à l'Iran. D'une part en critiquant systématiquement ses velléités d'expansion nucléaire, d'autre part en soutenant la contestation du résultat de la dernière élection. "Cette élection a considérablement affaibli Ahmadinejad, y compris au sein de son propre camp", rappelle Coville. Il se sent en position de faiblesse et a donc intérêt à se montrer offensif." "EN COULISSE, LES NÉGOCIATIONS CONTINUENT" Pour Farhad Khosrokhavar, sociologue à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l'Iran, les tractations liées à la libération de Clotilde Reiss n'ont cependant pas de rapport direct avec l'état des relations entre les deux pays. "Il est vrai que le climat est détestable, explique-t-il, tout simplement parce que Nicolas Sarkozy dit tout haut ce que tous les autres chefs d'Etat pensent tout bas." Néanmoins, le cas de Clotilde Reiss dépasse, selon lui, l'antagonisme entre les deux pays. "Là, nous sommes dans le cadre du business pur et simple, c'est du donnant-donnant." "Les deux chefs d'Etat ont beau s'invectiver en public, en coulisse les négociations continuent", ajoute-t-il. Même si le Quai d'Orsay a vivement réagi aux déclarations de M. Ahmadinejad en déclarant aujourd'hui qu'on ne pouvait comparer la situation de Clotilde Reiss et celle des détenus iraniens en France, les deux pays ont tout à y gagner. "L'Iran tient à récupérer Ali Vakili Rad, précise Farhad Khosrokhavar, car une mesure d'extradition lui permettrait d'échapper à toute autre poursuite qui pourrait être engagée contre lui sur le sol français. Et actuellement, il n'y a pas d'autre prisonnier iranien en France qui puisse justifier une tractation de ce type." Et d'ajouter que l'échange de prisonniers reste une pratique courante au Proche-Orient : "Regardez ce qui se fait entre Israël et l'Autorité palestinienne, c'est une idéologie très ancrée dans la région." source LEMONDE.FR | 23.09.09 | 19h44 • Mis à jour le 23.09.09 | 20h56 Jeudi 24 Septembre 2009 - 09:19
Audrey Fournier
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