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Commerce ethnique Le business pour reconnaissancedepuis plusieurs années, en france, les produits halal ont fait leur entrée dans les grandes surfaces. Souvent cantonnés à de timides espaces réservés aux connaisseurs, ils sont désormais pris en compte dans les stratégies commerciales de la grande distribution.
Des carcasses de mouton à 150 e pour l'Aïd ? Ce n'est plus un rêve. Carrefour, la chaîne d'hypermarchés l'a fait. Une première en France. Déjà, ces derniers mois, on a pu observer que la grande distribution s'ouvrait de plus en plus aux produits de consommation halal. Ainsi, après la nourriture chinoise et les cosmétiques pour peau foncée, c'est l'islam qui fait sa place dans les supermarchés. Faut-il y voir un signe de la reconnaissance de la diversité de la société française dans la grande consommation ou du simple business ? Le marché halal représente un chiffre d'affaires non négligeable. Estimé à trois milliards d'euros, il est l'objet d'une guerre fratricide entre les représentants du culte musulman. A chacun de rivaliser d'ingéniosité pour récupérer la plus grosse part du gâteau, voire le contrôle total du marché. En attendant, les hypermarchés ont très tôt flairé le filon. Alors que le Conseil français du culte musulman (CFCM) peine à réglementer le commerce des articles de consommation courante aux normes de l'islam, les principales enseignes de la grande distribution n'ont pas attendu pour remplir leurs étalages de charcuteries halal et articles d'épicerie divers appréciés des consommateurs musulmans. Carrefour, Auchan et même Monoprix, ils s'y sont tous mis. Mais pas sans s'être, au préalable, suffisamment informé sur le pouvoir d'achat des musulmans. Des entreprises de conseil ont été sollicitées pour réaliser des études de marché et des appels d'offres. Des expérimentations ont été tentées, d'abord dans les centres commerciaux d'Ile-de-France, et élargies progressivement à toute la France. Le résultat a dépassé leur espérance. Et le consommateur n'y perd pas au change… Des consommateurs attentifs Lilia, trentenaire, habite à Amiens. Elle apprécie tout particulièrement le fait que les grandes surfaces proposent une telle diversité dans leurs produits. « Avant, il fallait acheter son fromage chez le fromager, sa viande chez le boucher et ses sous-vêtements dans telle boutique. Aujourd'hui, on peut tout trouver au même endroit. D'autant que, quand on travaille, on n'a pas le temps d'aller à dix milles endroits.G GMais jusqu'à présent, les musulmans restaient isolés de ce commerce parce qu'ils n'y trouvaient pas tout ce qu’il leur fallait. Ils s'y sont pris tard, mais ils l'ont fait. Et c'est très bien. On trouve de la semoule, des olives du bled et de la charcuterie. Et les prix sont très intéressants, se réjouit la jeune femme. Et puis tout le monde peut en profiter. Les musulmans comme les autres. Les Français peuvent découvrir la cuisine maghrébine comme nous avons appris à apprécier la cuisine chinoise ». Un regret pourtant : « Les rayons halal sont encore un peu pauvres. Mais ce n'est qu'un début. Ils ont compris que les musulmans consommaient autant, voire plus, que le reste des Français. Ils vont donc continuer à développer les produits à leur destination. » Des petits commerçants sereins Qu'en pensent alors les bouchers, épiciers et petits commerces spécialisés dans la vente des produits destinés aux musulmans ? « Ça ne m'inquiète absolument pas ! », affirme un vendeur de Belleville, à Paris. Ce jeune travaille depuis dix ans dans la boucherie de son père. « Nous avons notre clientèle, elle est fidèle depuis des années. Ils ne vont pas nous laisser pour acheter des produits qui sont de moins bonne qualité et dont on ne sait même pas s'ils sont vraiment halal. » En effet, les musulmans ne semblent pas entièrement conquis. Des doutes sont parfois émis sur la conformité des marchandises au rite islamique. Du côté du CFCM, si on se réjouit de « l'intérêt porté à ce marché prometteur par la grande distribution », on « s'interroge sérieusement sur le respect d'un certain nombre de règles concernant l'Aïd, notamment à propos de l'heure d'abattage, qui ne doit intervenir qu'après la prière », rappelle-t-on. Quoi qu'il en soit, le commerce a su, avant les autres secteurs de la société, pour des raisons évidemment économique mais néanmoins profitables à tous, accorder la place qui lui est due à chaque composante, ethnique et confessionnelle, de la société française. Un effort reste à faire du côté de la restauration, et en particulier la restauration rapide. Les produits végétariens sont rares ou alors peu variés. A quand les sandwichs « halal » dans les boulangeries ?.
Rassembler et préserver le patrimoine riche et varié d'une communauté éparpillée dans le monde et permettre aux Juifs marocains, à leurs enfants et aux chercheurs de mieux connaître les racines et l'identité de cette communauté, c’est le rêve caressé depuis longtemps par Paul Dahan, collectionneur impénitent qui a mis sur pied un Centre de la culture judéo-marocaine à Bruxelles. Sortir le judaïsme marocain en terre occidentale de la sphère du folklore était devenu son obsession. Les Juifs marocains, ce n'est pas seulement « manger du couscous ou faire la fête » comme on faisait autrefois au Maroc, estime-t-il. Paul Dahan était résolu à restituer sa « dimension culturelle » à cette expérience humaine particulière, à ces imbrications qui, en terre marocaine, se reflètent dans la culture et l'art juifs. Au bout de 15 ans de voyages et de recherches, surtout au Maroc, il a réussi à se constituer une riche collection sur la culture juive au Maroc. Plus de 1500 objets du XVIIIe au XXe siècles, quelque 8000 ouvrages qui représentent probablement l'une des plus grandes collections sur le Maroc en Europe, et des centaines de photos rares, certaines datant du XIXe siècle. Aujourd'hui, il s'offre le luxe de diviser le fruit de sa quête en trois parties distinctes : un musée, une bibliothèque et une photothèque. Objets d'art et de culte, vêtements, bijoux, objets de la vie quotidienne, documents iconographiques et d'archives sur les Juifs du Maroc retrouvés un peu partout : le Tafilalet, Souss, le Moyen Atlas, Marrakech, Fès, Meknès, Tanger, Oujda, sans compter les articles et objets repêchés en Europe et en Israël. Après cette première étape destinée essentiellement aux chercheurs, Paul Dahan compte ouvrir les portes de sa collection au public. Pour accéder aux objets visualisés, aux renseignements bibliographiques et aux documents d'archives : www.judaisme-marocain.org Jeudi 15 Février 2007 - 04:42
Par D.B.M
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Algérie Un nouvel élan économique ?