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Coup de balai à l'Exécutif musulmanÀ une voix près, c'est une femme qui prenait la tête du nouvel Exécutif des musulmans de Belgique. L'imam carolo Semsettin Ugurlu ne s'est imposé que d'un suffrage sur la Bruxelloise Isabelle Praile, chiite convertie.
Le courant rénovateur, que menait Isabelle Praile, fait néanmoins une entrée remarquée au sein de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB). L'organe subsidié par les pouvoirs publics afin de gérer le temporel du culte islamique s'est enfin doté d'une nouvelle équipe dirigeante.
L'Assemblée générale des musulmans a tranché dans la nuit de vendredi à samedi, au terme de neuf heures de discussion. Il fallait remplacer l'Exécutif sortant, dont les principaux responsables sont inculpés de faux, usage de faux et abus de biens sociaux. L'islam étatique turc (la Diyanet) conserve la présidence de l'EMB, à une voix près. C'est l'imam carolo Semsettin Ugurlu, déjà actif précédemment au sein du Conseil des théologiens, qui accède à la présidence. Mais il lui faudra composer avec le courant rénovateur, qui occupe désormais les deux mandats de vice-présidents, remportés par la Bruxelloise Isabelle Praile et le Limbourgeois Mehmet Üstün. Le nouvel Exécutif compte huit élus turcs, six Marocains, un Pakistanais (Iqbal Qureshi), un Libanais (Hassan Cherry) et une Belge convertie (Isabelle Praile). Il apparaît beaucoup moins univoque que dans sa version précédente, qui était totalement sous la coupe d'Ankara et de Rabat. Les principaux responsables sortants (l'ex-président Coskun Beyazgül, issu de la Diyanet, et le vice-président marocain déchu, Benjelloul Kissi) ne se sont pas représentés. Enfin, les rénovateurs (Zehra Günaydin, Ibrahim Tiryaki…), qui dénoncent depuis 2005 le manque de transparence de l'EMB, occupent désormais 7 sièges sur 17… « C'était inespéré », commente Isabelle Praile. « Nous sommes vraiment dans une logique de renouveau constructif. Avec des élus qui sont au service de l'intérêt général, qui ont pour priorité les 400.000 musulmans du pays et pas les intérêts particuliers de l'une ou l'autre fédération ou ethnie ». Les 17 élus n'entreront officiellement en fonction qu'après leur confirmation par arrêté royal. Ce qui suppose qu'ils fassent préalablement l'objet d'une enquête d'habilitation (screening) par les services de renseignements. Le ministre fédéral de la Justice, Jo Vandeurzen (CD&V), a promis d'activer la procédure afin de ne pas entraver les processus en cours de reconnaissance officielle des mosquées et des imams. source : Le Soir samedi 15 mars 2008
Assemblée élective « de la dernière chance » ce soir
Un nouvel Exécutif musulman ? Ricardo Gutiérrez Le Soir du 14/03/2008 L'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) se donne une dernière chance de renaître de ses cendres, ce vendredi soir. L'organe qui gère le temporel du culte islamique a l'opportunité de reconstituer son instance exécutive : 26 candidats sont sur les rangs, dont un tiers de rénovateurs, pour 17 postes à pourvoir. Les participants sont confiants, malgré une nouvelle ingérence de la Direction turque des Affaires religieuses (la Diyanet). L 'inculpation pour faux, usage de faux et abus de biens sociaux du président, du vice-président et du trésorier de l'EMB a décrédibilisé l'équipe sortante… Une assemblée générale tentera, ce soir, d'installer de nouveaux responsables. Avec l'espoir de voir enfin émerger un leadership plus soucieux de l'intérêt général des 400.000 musulmans de Belgique que de la cause particulière de telle ethnie, telle fédération, voire telle coterie. Au cabinet du ministre des Cultes, Jo Vandeurzen (CD&V), on y voit « la réunion de la dernière chance… Faute de nouvel Exécutif élu, nous ne pourrons garantir que le financement des deux secrétaires généraux et sans doute du bâtiment de l'EMB, afin de préserver les dossiers en cours sur la reconnaissance des mosquées et des imams ». L'heure des rénovateurs ? Sur les vingt-six candidats : 13 Turcs, 10 Marocains, un Libanais, un Pakistanais et une Belge convertie ; 11 néerlandophones, 15 francophones… « De quoi constituer un Exécutif équilibré », relève, confiant, le vice-président de l'Assemblée générale, Halil Koca. Signe encourageant : au moins un tiers des candidats appartiennent au courant rénovateur (Isabelle Praile, Zehra Gunaydin, Hassan Houddane, Ibrahim Tiryaki…), qui a toujours revendiqué la transparence des comptes et combattu l'ingérence de Rabat et d'Ankara… Signes moins encourageants : l'activisme des partisans du vice-président marocain déchu, Benjelloul Kissi, et l'interventionnisme du nouveau responsable belge de la Diyanet, Halife Keskin… Ce dernier a « convoqué », mardi soir, tous les élus turcs de l'AG, pour leur donner ni plus ni moins qu'une consigne de vote. La Diyanet entend conserver le premier rôle. Elle soutient la candidature de l'imam carolo Semsettin Ugurlu, à la présidence, et de la professeure de religion Sevda Karaaslan, à la vice-présidence… Mais le diktat passe mal, même chez les élus turcs. Encore un bon signe. http://www.lesoir.be/actualite/belgique/coup-de-balai-a-l-executif-2008-03-15-584585.shtml Coup de balai à l'Exécutif musulman Ricardo Gutiérrez Le Soir samedi 15 mars 2008, 16:05 À une voix près, c'est une femme qui prenait la tête du nouvel Exécutif des musulmans de Belgique. L'imam carolo Semsettin Ugurlu ne s'est imposé que d'un suffrage sur la Bruxelloise Isabelle Praile, chiite convertie. Le courant rénovateur, que menait Isabelle Praile, fait néanmoins une entrée remarquée au sein de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB). L'organe subsidié par les pouvoirs publics afin de gérer le temporel du culte islamique s'est enfin doté d'une nouvelle équipe dirigeante. L'Assemblée générale des musulmans a tranché dans la nuit de vendredi à samedi, au terme de neuf heures de discussion. Il fallait remplacer l'Exécutif sortant, dont les principaux responsables sont inculpés de faux, usage de faux et abus de biens sociaux. L'islam étatique turc (la Diyanet) conserve la présidence de l'EMB, à une voix près. C'est l'imam carolo Semsettin Ugurlu, déjà actif précédemment au sein du Conseil des théologiens, qui accède à la présidence. Mais il lui faudra composer avec le courant rénovateur, qui occupe désormais les deux mandats de vice-présidents, remportés par la Bruxelloise Isabelle Praile et le Limbourgeois Mehmet Üstün. Le nouvel Exécutif compte huit élus turcs, six Marocains, un Pakistanais (Iqbal Qureshi), un Libanais (Hassan Cherry) et une Belge convertie (Isabelle Praile). Il apparaît beaucoup moins univoque que dans sa version précédente, qui était totalement sous la coupe d'Ankara et de Rabat. Les principaux responsables sortants (l'ex-président Coskun Beyazgül, issu de la Diyanet, et le vice-président marocain déchu, Benjelloul Kissi) ne se sont pas représentés. Enfin, les rénovateurs (Zehra Günaydin, Ibrahim Tiryaki…), qui dénoncent depuis 2005 le manque de transparence de l'EMB, occupent désormais 7 sièges sur 17… « C'était inespéré », commente Isabelle Praile. « Nous sommes vraiment dans une logique de renouveau constructif. Avec des élus qui sont au service de l'intérêt général, qui ont pour priorité les 400.000 musulmans du pays et pas les intérêts particuliers de l'une ou l'autre fédération ou ethnie ». Les 17 élus n'entreront officiellement en fonction qu'après leur confirmation par arrêté royal. Ce qui suppose qu'ils fassent préalablement l'objet d'une enquête d'habilitation (screening) par les services de renseignements. Le ministre fédéral de la Justice, Jo Vandeurzen (CD&V), a promis d'activer la procédure afin de ne pas entraver les processus en cours de reconnaissance officielle des mosquées et des imams. Dimanche 16 Mars 2008 - 08:41
Ricardo Gutiérrez
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