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Des quotas pour les immigrés

Avec une proportion stagnante de 6,3 % d’immigrés depuis la fermeture des frontières, la France n’est plus une terre d’accueil. Reste que cette situation n’est pas viable à long terme.



Les Cassandre de la démographie n’annoncent-elles pas que d’ici moins d’un quart de siècle, le vieux continent aura perdu 20 millions de travailleurs ? L’économie serait donc en danger et pour répondre à la nécessité d’une politique d’ouverture des frontières prônée par l’Union Européenne, le gouvernement Français propose un énième replâtrage de la loi de 1945 sur l’entrée et le séjour des étrangers. Même si le mot brûle la langue de nos responsables politiques, il n’y a aucune indication de quotas dans le projet de loi. Le mot a en effet mauvaise presse et il suffit de se référer à l’histoire de nos politiques d’immigration pour le comprendre. De triste mémoire en effet, dès le début du vingtième siècle, l’immigration se veut sélective, en vertu d’une théorie biologique de l’étranger qui inspire alors la vision de l’intégration : idéologie molle des démographes de l’entre-deux guerres selon Hervé Le Bras, principe de classification ethnique. Ainsi, selon F. Boverat, président de L’Alliance pour la population, « les nations qui peuvent fournir à la France de bons immigrants sont fort peu nombreuses. On n’en compte guère plus de cinq : l’Italie, l’Espagne, la Tchécoslovaquie, la Pologne et la Roumanie ». Si le nouveau projet de loi peut évoquer les quotas entre les lignes, il ne s’agit pas de quotas par zone ou par nationalité mais par compétence. Toujours prompt à proposer la synthèse d’un libéralisme à visage humain, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy évoque ainsi une politique volontaire de l’immigration. Car si la France ne peut plus accueillir toute la misère du monde (dixit Michel Rocard), les quotas existeraient déjà en pratique à travers les réseaux de l’immigration clandestine. Au final, l’hypocrisie actuelle aboutirait au fait que depuis 30 ans notre pays n’accueillerait pas les « bons immigrés ». De fait, le nouveau projet de lois est d’abord orienté vers une adaptation de l’immigration aux besoins de l’économie française. La procédure d’entrée sera ainsi facilitée pour une première catégorie d’immigrés diplômés qui pourraient faire la demande d’une carte d’immigration « compétence et talent ». Une autre catégorie en revanche verrait son titre de séjour entièrement lié à son contrat de travail. Ce qui peut apparaître comme « sans précédent dans le droit français », selon le responsable de la Ligue des droits de l’homme, n’est qu’un remake d’une situation de hors droit qui a toujours prévalu. Le « travailleur immigré » a toujours été sous tutelle de l’entreprise. Et même après 1945, lorsque le général de Gaulle évoquait «l’impératif migratoire» au nom de la reconstruction ! L’Office National d’Immigration (ONI) procédait alors aux contrôles sanitaires et professionnels des candidats

Jeudi 22 Février 2007 - 04:34
Ahmed Boubeker
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