|
|||||||||||
Deux ans après son adoption La Moudawana à l'épreuve du réelLe nouveau Code de la famille a été adopté à l'unanimité, le 6 février 2004, par le parlement marocain. Une réforme révolutionnaire saluée par toutes les composantes de la société. Mais deux années après son entrée en vigueur, force est de constater que son application est freinée par la lenteur des procédures judiciaires et l'ignorance des citoyens de leurs nouveaux droits et devoirs
Dès sa promulgation, le Code de la famille a été assimilé à une baguette magique, dotée de tous les pouvoirs et capable de résoudre tous les conflits. La réalité est toute autre. L'analphabétisme, les blocages culturels, le manque d'information et la compréhension erronée des textes ont été autant de freins à l'application sereine d'un statut dont la finalité était l'instauration d'une relation basée sur la concertation et le partage de la responsabilité entre l'homme et la femme. En dépit d'un effort d'explication, de vulgarisation et de sensibilisation mené par des associations, la nouvelle Moudawana demeure aujourd'hui bien sibylline pour de nombreuses strates de la société. « Le Code de la famille est en adéquation avec la réalité socio-économique et démographique de la société marocaine mais il est largement avant-gardiste par rapport aux mentalités ». Cette analyse de Mohammed Tozy, professeur de sciences politiques à l'université Hassan II de Casablanca, résume parfaitement un état de fait : il faudra beaucoup de temps à la société marocaine pour s'adapter à tous ces changements qui remettent en cause les fondements même de son identité. Ce projet moderniste, basé sur l'ijtihad et sur l'attachement au référentiel islamique et à la démocratie, heurterait-il les sensibilités d'une société frileuse, dite patriarcale ? On serait tenté de le croire. « Il n'est pas très raisonnable de penser que la situation réelle des femmes marocaines va s'améliorer d'une façon automatique juste parce que le Code de la famille a changé » ne cesse de répéter la Ligue démocratique des droits de la femme. Celles-ci vivent au quotidien la lutte de femmes lésées, bafouées dans leur dignité, battues ou chassées de leur foyer.
faire connaître le code Le Code de la famille n'aurait-il pas dû mettre fin à toutes ces exactions ? Ne devait-il pas instaurer "la paix sociale" au sein des foyers ? Dans les couloirs des tribunaux de famille (on en compte actuellement une soixantaine à travers le Maroc) ou dans les locaux des associations des droits des femmes, les couloirs bruissent des complaintes de toutes celles qui paient le lourd tribut de l'illettrisme et de l'ignorance. D'autres sont sujettes aux lourdeurs de l'appareil judiciaire. Le Code de la famille a donné une grande latitude aux juges pour trancher dans les cas litigieux. La mise sur pied d'un observatoire national pour l'application du Code de la famille serait, dès lorsG Gl'outil approprié pour aller de l'avant. « Promulguer des lois n'est pas suffisant : pour que ces textes soient utiles, il faut les accompagner d'une panoplie de mesures, dont la médiatisation et la sensibilisation. Et il faut le faire dans une langue (arabe dialectal, tamazight) que la majorité peut comprendre », s'insurge la Ligue démocratique des droits de la femme. Des résidents étrangers attentifs L'Etat est parfaitement conscient de toutes les lacunes qui entravent une parfaite application du Code. L'édition de guides, de bandes dessinées ou encore de livrets explicatifs devrait contribuer à une meilleure compréhension de ces droits et devoirs. L'organisation de sessions de formation en faveur des juges et de séminaires de sensibilisation reflète cette volonté d'accompagner, doucement mais sûrement, toutes les mutations de la société marocaine. En Europe, où vit une importante communauté marocaine, le Code de la famille a également montré des avancées indéniables mais aussi et surtout certaines de ses lacunes. Les différentes réunions animées par la ministre chargée des MRE (Marocains résidant à l'étranger), dans plusieurs capitales européennes, au lendemain de la promulgation du nouveau statut personnel, avaient mis à jour les attentes et les espoirs des populations concernées. Là aussi, l'apport qualitatif de la réforme du Code de la famille à la qualité de vie des MRE et la dynamisation des accords et des conventions juridiques signés entre le Maroc et les pays européens pourraient permettre aux Marocains installés en Europe de profiter pleinement de l'application du Code de la famille. Pour l’instant, la situation reste assez floue du fait de la non- assimilation par l'appareil judiciaire du pays d'accueil de certaines dispositions du Code de la famille. Une profonde réflexion devrait être menée dans ce sens pour garantir à la communauté marocaine les droits auxquels elle aspire. En toute dignité. Jeudi 15 Février 2007 - 03:57
Khadija Alaoui
Lu 1512 fois
Dans la même rubrique :
|
BREVES DU MAROC
Recevez notre lettre d'information
|
||||||||||
|
Sezame est édité par Mediating, 29 impasse al Adarissa, Rabat, Maroc
|
|||||||||||

www.madarik-press.com









Diplômes étrangers Médecins en détresse