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Diplômes étrangers Médecins en détresseIls sont les petites mains des hôpitaux de l'Hexagone. Selon le ministère de la Santé, quelque 6 000 médecins à diplôme étranger — hors Union européenne — exercent dans les hôpitaux de France. Embauchés sous contrat précaire, les praticiens adjoints contractuels (PAC), statut des médecins à diplômes étrangers, ne sont autorisés à exercer que sous la responsabilité d'un autre praticien. Ils constituent une main-d'œuvre hautement qualifiée corvéable à merci, cantonnés la plupart du temps aux urgences ou à assurer les gardes.
Depuis le mois de septembre, ces laissés-pour-compte du système médical français se mobilisent notamment pour dénoncer la précarité de leur statut. Un scandale qui ne cesse de perdurer depuis de trop longues années. Au cours des années 90, la France a fait massivement appel à des médecins venus essentiellement du Maghreb et d'Afrique. Payés 30 à 50 % de moins que leurs homologues diplômés des facultés françaises, ils ont été recrutés pour faire face à un contexte de pénurie chronique de praticiens dans certains services comme les urgences, la psychiatrie, la pédiatrie ou la radiologie. L'itinéraire du docteur Rédha Souilamas illustre cette situation. Arrivé en France en 1989 avec un diplôme algérien de médecine, il est aujourd'hui chirurgien thoracique, responsable du programme de transplantation pulmonaire dans un hôpital parisien. Avant cela, il a dû faire preuve de persévérance. Le parcours du combattant… Après avoir travaillé pendant 2 ans en tant qu'interne dans des hôpitaux périphériques, il a passé un diplôme de spécialiste en chirurgie thoracique réservé aux étrangers qui ne permet pas d'exercer en France. Un diplôme qui se prépare en 4 ans. Il a suivi le même cursus que les internes français. Une fois le diplôme obtenu, il a été chef de clinique associé dans un service de chirurgie thoracique. Il a passé un concours de fin d'étude médicale à l'Ecole de médecine de Paris et obtenu l'autorisation d'exercer la médecine en France par décision ministérielle, après avoir passé un examen écrit et oral et obtenu l'avis favorable d'une commission. La procédure d'autorisation d'exercice de la médecine en France par la voie du Certificat de synthèse clinique et thérapeutique (CSCT) est un concours annuel soumis à des quotas. Autre procédure de régularisation. La nouvelle procédure d'autorisation (NPA) a été créée, en 1999, par le ministère de la Santé sous la forme d'un concours, prévoyant d'ouvrir chaque année un nombre limité de postes aux médecins étrangers en fonction des besoins. Mais certains ont raté cette vague de régularisation et la nouvelle procédure de recrutement n'est entrée en vigueur qu'en 2005. Discrimination ? Déterminé, le médecin n'en reste pas là. Il cumule les diplômes et les expériences. Il passe un DEA de médecine en bioéthique et publie de nombreux articles. Puis, il dépose sa candidature au conseil national de l'Ordre des médecins pour être admis comme médecin spécialiste en chirurgie thoracique. Parallèlement, il obtient la nationalité française. Dès lors, il souhaite intégrer l'Assistance publique des hôpitaux de Paris comme praticien hospitalier et c'est là où il rencontre le plus de difficultés. « Les différentes collégiales et les syndicats ont estimé que s'ils me laissaient passer entre les mailles du filet, cela ouvrirait la porte à beaucoup d'autres. Il ne fallait pas créer de précédent en acceptant quelqu'un qui ne soit pas du sérail. On m'a reproché de ne pas avoir suivi la voie royale c'est-à-dire le concours d'internat à titre étranger. Or, c'est un miroir aux alouettes puisque très peu d'étrangers sont reçus bien que la moyenne de leur admissibilité soit supérieure à la moyenne nationale. A cela s'ajoute le fait que c'est un concours qui se prépare à temps plein donc pas question de travailler pendant plusieurs années. Ce qui est pratiquement impossible pour un étranger. Par ailleurs, même si on est reçu à ce concours interne réservé aux étrangers, il faut encore repasser des concours. Donc, repartir en arrière, etc. » Un vrai parcours du combattant. Après avoir été admis au concours national des praticiens des hôpitaux de Paris, il postule tout naturellement à un poste : « il était créé dans un hôpital qui correspondait à mes diplômes mais il y a eu blocage ». Pour expliquer cette situation inextricable, il n’hésite pas m’accorder ce poste, arguant le fait que j’ai un parcours atypique, un diplôme étranger, etc. Mais derrière le diplôme, il y a quelqu’un et c’est moi ! ».
Comme lui, de nombreux médecins ne cessent de revendiquer leurs droits auprès des autorités. ------------------------------------------------------------ Nouvelle voie de régularisation des médecins étrangers Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand a proposé, mardi 14 février, aux syndicats des médecins à diplôme étranger « une évolution de la nouvelle procédure d'autorisation permettant de tenir compte de l'expérience acquise dans le cadre de leur exercice hospitalier ». Pour les praticiens arrivés avant 1999, il propose un examen qui prend en compte leur expérience. Pour les autres, il s'engage à tripler les places au concours d'entrée (NPA) et accorde le droit au candidat de passer l'épreuve quatre fois au lieu de deux. Jeudi 15 Février 2007 - 04:40
Salma Belabes
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