|
|||||||||||
"Donoma", les secrets du film le moins cher du cinémaLa formule est choc : un film à 150 euros. Donoma, un film-guérilla, un buzz-movie, très bien accueilli par la presse, démontre qu'on peut arriver, à force d'indépendance, de volonté et de talent, à réaliser tout seul, dans son coin, un vrai film de cinéma.
Le calendrier de cette aventure est passionnant : à l'origine, un jeune homme d'origine haïtienne, Djinn Carrénard, ex-étudiant en philo, qui a décidé, de retour d'un séjour à New York, de ne pas attendre ses 30 ans pour réaliser un long-métrage. Le processus de production normal, à partir d'un scénario, est pour lui trop long, synonyme de compromis, de retards, voire de récupérations : on a vu déjà, dans le cinéma français, des scénarios déposés par des anonymes, qui se sont retrouvés à l'écran signés de noms connus.
Au printemps 2009, Carrénard crée une page Facebook annonçant le lancement de ce film : des happenings sont organisés, une communauté de fans se met en place, qui va atteindre bientôt 4 500 membres. À l'époque, Pierre-Emmanuel Le Goff, qui va devenir bien plus tard, en 2011, son distributeur avec François Calderon, a lancé aussi pour un court-métrage à tourner en Bosnie avec Emir Kusturica - Alice au pays s'émerveille - une page Facebook de film : "Mais nous avions demandé et obtenu 70 000 euros. Djinn s'est inspiré de notre page, mais en étant plus radical, en ne demandant rien." Ni coupes ni négociations Carrénard, 150 euros en poche, procède par troc. Sa caméra, il l'obtient par prêt d'un loueur en échange d'une visibilité du logo. Les costumes, il les récupère auprès d'un créateur parisien - Xuly-Bet - dont il a filmé le défilé. Il équipe ses acteurs, tous bénévoles, de micros HF, aucune lumière n'est rajoutée et il dispose d'une image Sony avec un kit 35 qui lui confère à l'écran la profondeur de champ du cinéma. Le film, Donoma, est tourné en 2009. Montré dans quelques festivals, ici et là, jusqu'à être sélectionné par l'ACID (Association du cinéma indépendant pour la distribution) qui montre des films parallèlement au Festival de Cannes. Car Carrénard a besoin d'argent pour la postproduction : "Si vous voulez montrer le film à la télé, il faut répondre à certaines exigences techniques : tel niveau de noir, tel niveau de blanc, telle qualité de son..." Tout cela coûte cher. À Cannes, un certain nombre de distributeurs sont dans la salle : EuropaCorp (Luc Besson), Jour de fête... Mais Carrénard ne cède à aucune exigence : ni coupes ni négociations... Michel Reilhac, responsable des acquisitions chez Arte, voit également Donoma. "Qui a fait ce film ?" twitte-t-il. Le twit est transmis à Carrénard qui prend contact avec Reilhac : les négociations, cette fois, aboutissent et le film est vendu à Arte. Pratiquement dans le même temps, une toute nouvelle maison de distribution, Commune Image Média, qui regroupe à Saint-Ouen une vingtaine de sociétés indépendantes, découvre Donoma dans un festival alternatif : les pépites du cinéma. Un accord de distribution est trouvé. La vente à Arte a également permis le dépôt au CNC et l'obtention d'une aide à la distribution. "Un tee-shirt vendu égale 30 kilomètres en essence" On passe alors à la phase 3 : le marketing. Il est vital. Une véritable attachée de presse cinéma est engagée également. Abdellatif Kechiche - le film, par son style, peut rappeler son cinéma - apporte son soutien. Le 5 novembre, une projection est organisée au Grand Rex : 2 800 personnes répondent présentes. Le lendemain, toute l'équipe du film part en tournée dans un bus : c'est le Donoma Guerilla Tour. Une vingtaine de villes vont être visitées selon le même rituel : annonce par haut-parleur dès l'arrivée dans la ville, distribution de flyers dans les magasins avant la projection. "L'équipe dort dans le bus, se lave dans les relais routiers, et vend tee-shirts et affiches à l'effigie du film : un tee-shirt vendu égale 30 kilomètres en essence, une affiche, 12 kilomètres." À Paris, le film sera distribué dans deux salles - MK2 Beaubourg, Saint-André-des-Arts - et en province dans une vingtaine de salles. Mais Le Goff regrette "le faible soutien des cinémas indépendants" : "Comment peut-on exister face aux grands groupes ?" En attendant la sortie du film demain, on peut retrouver chaque jour des vidéos postées sur le site du film donoma.fr, qui racontent au jour le jour l'aventure de ce film pas comme les autres. Mercredi 23 Novembre 2011 - 03:31
Lu 232 fois
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
BREVES DU MAROC
Recevez notre lettre d'information
|
||||||||||
|
Sezame est édité par Mediating, 29 impasse al Adarissa, Rabat, Maroc
|
|||||||||||

www.madarik-press.com










Eva Longoria : elle prépare sa reconversion de Desperate housewives au cinéma