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En attendant la révolution "Avatar"...

Le 16 décembre, on saura si les extraterrestres bleus, numériques et en relief d'Avatar, le premier film de fiction de James Cameron depuis Titanic, annoncent le cinéma de distraction du siècle à venir, comme le faisaient, cent ans plus tôt les cow-boys du Vol du grand rapide. En attendant de savoir si la révolution annoncée a bien eu lieu, le cinéma, tel qu'on le voit vivre et changer, proposera cet automne toutes les productions que peuvent offrir ses innombrables avatars.



En attendant la révolution "Avatar"...
Parmi les films qui ont fortement marqué le dernier Festival de Cannes, seuls Un prophète et Inglourious Basterds ont profité de l'été pour sortir. Les semaines qui viennent permettront de découvrir ce qui a fait courir ou souffrir la Croisette, à commencer par la Palme d'or. Récit romanesque inquiétant, situé en Prusse à la veille de la première guerre mondiale, Le Ruban blanc sortira le 21 octobre.

Le 4 novembre, ce sera au tour des Herbes folles, fantaisie gracieuse et macabre d'Alain Resnais. La semaine suivante, on découvrira l'histoire de l'escroc qui construisit une autoroute au milieu de nulle part dans A l'origine, de Xavier Giannoli, avec François Cluzet. Kinatay, spectacle barbare mis en scène par le Philippin Brillante Mendoza, est annoncé le 18 novembre.

En plus de ces films présentés en compétition, on verra La Famille Wolberg, d'Axelle Ropert (le 25 novembre),comédie de moeurs alternative, et Tetro (le 23 décembre), de Francis Ford Coppola, sélectionnés à la Quinzaine des réalisateurs. Côté Un certain regard, Le Père de mes enfants, dans lequel Mia Hansen-Love évoque la figure du producteur Humbert Balsan, sera en salles le 16 décembre, précédé par l'étrange Kynodontas, de Yorgos Lanthimos, signe le plus visible du frémissement qui parcourt le cinéma grec (le 2 décembre), et suivi par Les Chats persans, de Bahman Ghobadi, chronique du désenchantement de la jeunesse iranienne, rendue prophétique par le soulèvement de juin.

Entre-temps, la Mostra de Venise aura eu lieu. Parmi les films qui vont y être projetés, on attend avec impatience The Informant, de Steven Soderbergh, dans lequel Matt Damon incarne un antihéros ambigu qui affronte une multinationale (le 30 septembre), ou Persécution, de Patrice Chéreau, avec Romain Duris, Jean-Hugues Anglade et Charlotte Gainsbourg (le 2 décembre). On saura ce jour-là si la malédiction qu'Abel Ferrara a lancée sur la tête de Werner Herzog pour avoir osé réaliser un remake d'un ses films a porté avec la sortie de Bad Lieutenant : Port of Call New Orleans, avec Nicolas Cage, également présenté sur la lagune.

Les enfants bénéficieront des attentions de deux des réalisateurs les plus marquants du cinéma indépendant américain. Spike Jonze, avec Max et les maximonstres (le 16 décembre), et Wes Anderson. Le réalisateur de La Famille Tenenbaum se lance dans l'animation avec Fantastique Maître Renard (le 23 décembre). Et leurs grandes soeurs ont déjà noté sur leur agenda que le deuxième film de la saga Twilight (histoires de vampires dans lesquelles l'eau de rose remplace l'hémoglobine) sort le 18 novembre.

On attend aussi deux films politiques et spectaculaires. L'un emprunte les voies de la série B de science-fiction : District 9, de Neil Blomkamp, imagine le sort d'extraterrestres échoués à Johannesburg au temps de l'apartheid (le 16 septembre). In the Loop, du Britannique Armando Iannucci, revient sur la genèse de l'intervention américano-britannique en Irak, traitée comme un immense épisode du feuilleton "The Office" (le 18 novembre).

Parmi les films français sur lesquels les distributeurs et exploitants fondent de grands espoirs, on annonce l'incarnation du Petit Nicolas, de Sempé et Goscinny, pour le 30 septembre, et le retour de Jean-Pierre Jeunet, accompagné de Dany Boon, avec Micmacs à tire-larigot (le 28 octobre).

Enfin, c'est le 4 novembre qu'arrivera non pas le film, mais le titre le plus attendu de ces dernières années. Depuis 2003 et la sortie du premier épisode de la saga sanguinolente, on attendait de pouvoir dire enfin : "As-tu vu Saw VI ?"

Thomas Sotinel
Le monde Article paru dans l'édition du 30.08.09.

Dimanche 30 Août 2009 - 09:44
a s
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