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Gilles Pargneaux : « Le Maroc a mené une révolution tranquille »

Élu nordiste et député socialiste européen, Gilles Pargneaux était ce week-end au Maroc à l'occasion des législatives.



Gilles Pargneaux : « Le Maroc a mené une révolution tranquille »
Quelle était votre mission au Maroc ?

« Avec d'autres observateurs et à la demande du Conseil national des droits de l'homme du Maroc, nous étions chargés de contrôler la bonne organisation du scrutin. J'ai visité des dizaines de bureaux de vote à Rabat, Salé et Kenitra. Tous les observateurs ont constaté la grande transparence des opérations électorales. Les conditions du vote ont été tout à fait satisfaisantes. Après la chute des dictatures en Égypte et en Tunisie, le Maroc était sur une poudrière au printemps. Il a mené une révolution tranquille et devient une démocratie à l'occidentale. »

Pourtant le taux de participation ne dépasse pas 45 % ?

« La forte abstention s'explique par le scepticisme très présent dans une partie de l'opinion. Le Parti de la justice et du développement (PJD), auparavant principale force de l'opposition, l'a emporté en mettant en avant le combat contre la corruption, notamment dans l'administration et la justice, la lutte pour l'emploi et contre les inégalités qui se sont beaucoup creusées ces dernières années et l'amélioration du système éducatif public. C'est presque un programme de gauche... »

Que va-t-il se passer maintenant ?


« Le roi Mohamed VI va choisir son Premier ministre au sein du PJD qui arrive en tête mais on s'oriente vers une grande coalition. Le parti socialiste marocain et même l'ex-parti communiste pourraient intégrer cette coalition. Il ne faut pas regarder le Maroc avec le prisme de notre laïcité à la française. C'est une notion qui n'existe pas là-bas. Tous les partis se revendiquent de la religion et font allégeance au roi qui est le commandeur des croyants. Des socialistes marocains se disent proches du PJD qui a su convaincre à la fois dans les couches populaires et la classe moyenne.

Le PJD se dit proche du parti au pouvoir en Turquie et du parti Ennahdha en Tunisie. Le Maroc devrait rester un pôle de stabilité au Maghreb. »

RECUEILLI PAR DOMINIQUE SERRA

Lundi 28 Novembre 2011 - 07:16
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