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Il était une Fois une Beurette et un Blédard…ll était une fois une adolescente de seize ans qui, comme tous les ans, passe ses vacances d’été en Tunisie, pays de ses parents. Dans la maison voisine, se trouve un jeune homme de vingt-et-un ans, qui vient rendre visite à sa grand-mère de temps à autre, puis assez régulièrement, enfin très souvent.
Epris d’amour pour sa jeune voisine, les visites chez sa grand-mère deviennent prétextes pour se rapprocher de sa dulcinée. Cette histoire, c’est Aoitef, mère de famille d’à peine vingt-cinq ans, qui la raconte. Cette beurette, comme elle se qualifie elle-même, au tempérament gai, évoque sans tabou sa rencontre et sa vie avec Elias, un blédard. « Ce n’est pas une histoire d’amour comme celles dont parlent les jeunes aujourd’hui », précise-t-elle d’emblée. « Elias me paraissait gentil, sérieux et puis je le trouvais mignon. Alors je me suis dit pourquoi pas ? » A une condition : l’adolescente veut du temps. « Pour apprendre à le connaître, être sûr de ses intentions et parce que je n’avais que 16 ans. Je n’étais pas prête à me marier. » Elle prendra trois ans pour se décider. En 1999, les deux jeunes gens se marient. Comme d’autres couples dans le même cas, une question se pose à eux : vivre en France ou en Tunisie. « Lui n’était pas très motivé par l’idée de venir en France, moi je n’avais pas envie de rentrer, alors nous sommes restés un an et demi. Puis j’ai eu envie de revenir en France. Il faisait tout son possible pour que cela se passe bien mais c’est la misère au bled. » Un choix difficile pour Elias au départ. « La première année a été très dure pour lui. Le changement a été brutal. » Mais très vite, et par ses propres moyens, il trouve du travail et s’habitue à cette nouvelle vie. Depuis, cinq années ont passé. Elle est agent d’accueil en milieu hospitalier, lui menuisier. Le jeune couple habite un confortable studio dans le XIe arrondissement de Paris où ils élèvent leurs deux enfants. Un style de vie qu’Aoitef n’aurait pas imaginer vivre. « Je ne pensais pas me marier un jour avec un blédard. Comme toutes les filles, je me disais que s’ils s’intéressent à nous c’est parce qu’ils veulent venir en France. Après avoir obtenu leurs papiers, ils divorcent et vous jettent. C’est ce qui est arrivé à ma cousine. » Autre obstacle à ce type d’union : la différence des mentalités. « J’ai une amie, kabyle, qui rejette tous les gars du bled. Les mentalités sont différentes selon elle. Les hommes du bled sont réputés plus strict. Tu ne sors pas, tu ne t’habilles pas comme ça, pourquoi est-ce que ce collègue t’appelle... Il y en a, c’est vrai, qui sont comme cela. Mais pas plus que des jeunes nés ici, de purs beurs. Cela dépend des individus et des personnalités. » En attendant, elle ne regrette pas son choix, pas plus que son époux. Leur ménage connaît les joies et les soucis communs à tous les couples, ni plus ni moins. « Les hommes ont tous les mêmes défauts, qu’ils soient beurs, blédards ou autres ! ».
Jeudi 22 Février 2007 - 05:05
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