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La Turquie hausse le ton contre IsraëlLe Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris lundi à Israël, l'accusant de recours disproportionné à la force contre les Palestiniens et l'exhortant à arrêter de violer les eaux territoriales et l'espace aérien du Liban. Israël: l'ambassadeur turc convoqué à propos d'un téléfilm jugé antisémite
"Nous ne pourrons jamais rester silencieux face à l'attitude d'Israël (...) il a un pouvoir disproportionné et y a recours comme il l'entend, tout en refusant de respecter les résolutions de l'ONU. Nous ne pourrons jamais accepter cette image", a déclaré Erdogan, ajoutant:" ces mesures menacent la paix globale".
Il s'exprimait au cours d'une conférence de presse conjointe avec son visiteur, le Premier ministre libanais Saad Hariri, qui a accusé l'Etat hébreu de menacer la sécurité de son pays, et de "continuer ses violations de notre espace aérien et de nos eaux territoriales". Erdogan a promis de soutenir la position de Beyrouth devant l'ONU, la Turquie étant en ce moment un des membres provisoires du Conseil de sécurité. "Ceux qui mettent en garde l'Iran sur les armes nucléaires ne font pas les mêmes mises en garde à Israël", a ajouté Erdogan, estimant que "les cinq membres permanents du Conseil de sécurité doivent être justes". Il a également dénoncé la nouvelle frappe israélienne dans la Bande de Gaza, qui a coûté la vie à trois membres du Jihad islamique. Alors qu'Ankara a par le passé souvent joué les médiateurs entre l'Etat hébreu et les pays arabes, les relations entre la Turquie et Israël se sont tendues à cause des critiques fréquentes d'Erdogan, qui lui reproche le recours disproportionné à la force, lors de l'offensive à Gaza l'hiver dernier, ainsi qu'à l'été 2006 contre le Hezbollah au Liban. Lundi, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon a convoqué l'ambassadeur turc à propos d'une émission de télévision turque mettant en scène des agents israéliens enlevant des enfants ou tuant des vieillards. Israël: l'ambassadeur turc convoqué à propos d'un téléfilm jugé antisémite 'ambassadeur de Turquie en Israël a été convoqué lundi au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem après la diffusion dans son pays d'un téléfilm turc jugé antisémite par les autorités israéliennes, a-t-on appris de source officielle. "Nous protestons au nom du gouvernement israélien contre des scènes de cette série de la télévision turque présentant Israël et les juifs comme des kidnappeurs d'enfants et des criminels de guerre", a déclaré au diplomate turc le numéro deux de la diplomatie israélienne, Danny Ayalon, selon un communiqué. "C'est inacceptable. Cela met en péril des vies juives en Turquie et les relations bilatérales", a ajouté M. Ayalon, en pressant les autorités turques d'intervenir. M. Ayalon faisait référence à la série télévisée "La Vallée des Loups" qui comprend des scènes présentant, selon lui, les agents du Mossad (services de la sécurité extérieure) et les représentants officiels de l'Etat hébreu sous un jour extrêmement négatif et "incitant à la haine contre Israël". Les autorités turques n'ont pas réagi dans l'immédiat à la convocation de leur ambassadeur. Mais la société turque Pana Film, qui produit l'émission, a indiqué que "La Vallée des Loups" continuerait "de dire les vérités et d'exposer les coupables". "Pourquoi l'administration israélienne, qui n'hesite pas à bombarder les enfants réfugiés sous la bannière de l'ONU (à Gaza) ressent-elle un malaise dans les faits réels relatés dans la Vallée des Loups", interroge la société dans un communiqué cité par l'agence de presse turque Anatolie. En octobre dernier, Israël avait au même motif convoqué le chargé d'affaires turc à Tel-Aviv pour protester contre la diffusion du premier épisode d'une autre série télévisée intitulée "Ayrilik" (Séparation). Ce film montrait notamment des soldats israéliens en train d'abattre froidement une petite fille, un nouveau-né dans les bras de son père, ou de procéder à des exécutions sommaires de civils palestiniens aux yeux bandés. La chaîne de télévision publique turque (TRT) avait ensuite coupé certains passages de cette série. Les relations entre Israël et la Turquie, pourtant alliés stratégiques dans la région, se sont tendues après les vives critiques formulées par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan contre Israël à la suite de sa dévastatrice offensive militaire dans la bande de Gaza il y a un an. Lors d'une visite de son homologue libanais Saad Hariri, ce dernier s'est de nouveau élevé lundi contre l'attitude d'Israël. Les Israéliens "disposent de capacités (militaires) disproportionnées et ils s'en servent (...) Nous ne pouvons approuver une telle attitude", a martelé M. Erdogan, accusant l'Etat hébreu de ne pas respecter les résolutions de l'ONU. Dans un autre communiqué, le ministère israélien des Affaires étrangères a critiqué "une attaque débridée" du Premier ministre turc, l'accusant de chercher à nuire aux relations bilatérales. "Israël fait attention à l'honneur de la Turquie et souhaite de bonnes relations bilatérales, mais nous espérons que cette position est réciproque", a dit le ministère. "Les propos de M. Erdogan s'ajoutent au programme anti-israélien et antisémite de la télévision turque et à d'autres graves choses contre Israël depuis plus d'un an", a-t-il ajouté. Ce regain de critiques intervient après plusieurs initiatives pour relancer la relation israélo-turque. Le président israélien Shimon Peres et son homologue turc Abdullah Gül se sont notamment rencontrés mi-décembre en marge de la conférence sur le climat de Copenhague, convenant alors "de retourner à des relations normales, positives, et de routine", selon le bureau de M. Peres. Mardi 12 Janvier 2010 - 09:07
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