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La démission d'Eric Besson ajoute aux difficultés de Ségolène Royal

Nouveau coup dur pour Ségolène Royal. Eric Besson, secrétaire national à l'Economie du PS, a démissionné de ses fonctions au ""gouvernement"" du parti, où il a été remplacé jeudi par Michel Sapin. Ce départ en pleine polémique sur le chiffrage du projet de Mme Royal constitue un nouveau couac dans la campagne de la candidate socialiste, distancée dans les sondages par Nicolas Sarkozy.



Eric Besson a annoncé mercredi soir son départ par un communiqué lapidaire. Le député de la Drôme a expliqué avoir pris sa décision pour des raisons personnelles.
L'équipe de campagne a tenté de relativiser jeudi cette affaire.
Interrogé lors d'une rencontre avec la presse parlementaire, Jean-Louis Bianco a démenti que ce départ soit lié au chiffrage du programme de la candidate socialiste.
Le codirecteur de campagne a cependant reconnu qu'il y avait eu ""un accrochage"" entre M. Besson et le Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande mercredi lors de la réunion hebdomadaire du secrétariat national.
Le désaccord portait selon lui sur ""une question de méthode, de tactique"". Depuis le début de la semaine, Eric Besson, un proche de Lionel Jospin, était monté au créneau pour répondre à la polémique entretenue par la droite sur le financement du projet de Ségolène Royal, présenté dimanche à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Il avait estimé à 35 milliards d'euros le coût du ""pacte présidentiel"", un chiffrage jugé sous-estimé par beaucoup. Mardi, la candidate socialiste a invité ses troupes à ne pas se laisser enfermer dans ce débat.
Ce ""problème concerne essentiellement le PS, pas la candidate"", a assuré Jean-Marie Le Guen, député de Paris qui tenait le point de presse quotidien au siège du parti. ""Il n'y a aucune divergence de fond, aucune"", a affirmé Jack Lang, conseiller spécial de la candidate.
M. Lang a annoncé que M. Besson serait remplacé au sein du PS par Michel Sapin, président de la région Centre. Ce proche du couple Royal-Hollande conservera ses fonctions de trésorier du parti.
Parallèlement, le député fabiusien de l'Isère Didier Migaud rejoint l'équipe de campagne de la candidate en qualité de ""conseiller budgétaire"".
Reste que le départ d'Eric Besson témoigne des difficultés d'organisation de la campagne socialiste, marquée par des tensions récurrentes entre l'équipe restreinte installée boulevard Saint-Germain et le parti.
Il intervient au moment où la candidate ne parvient pas à refaire son retard sur Nicolas Sarkozy dans les sondages, malgré son discours de Villepinte. Elle perd un point dans un sondage CSA publié jeudi par ""Le Parisien/Aujourd'hui en France"", avec 26% d'intentions de vote au premier tour, et serait battue au second par le candidat UMP par 54% des voix contre 46%.
La journée de mercredi a été marquée par d'autres couacs. La publication par erreur par le site web de l'hebdomadaire ""Témoignage Chrétien"" d'une tribune mettant violemment en cause les ""relations personnelles"" de Jacques Chirac avec certains chefs d'Etat africains a mis en difficulté la candidate. Les sifflets des enfants qui l'ont accueillie au stade de Bondoufle (Essonne) où s'entraînait l'équipe de France de rugby ont fait fâcheuse impression. ""C'est deux loupés dont on aurait pu se passer"", a reconnu M. Bianco.
Le codirecteur de campagne met ses espoirs dans l'intervention lundi soir de la candidate à ""J'ai une question à vous poser"" sur TF1. ""C'est plutôt un genre d'émission qui lui convient bien parce que c'est un échange direct avec les gens"", remarque-t-il.
Les adversaires de Ségolène Royal n'ont pas manqué de se réjouir de ses difficultés. ""La succession de dysfonctionnements dans la campagne de la candidate socialiste est inquiétante pour des responsables politiques qui aspirent à diriger la France"", ont observé les porte-parole de Nicolas Sarkozy, Xavier Bertrand et Rachida Dati. ""Monsieur Chiffrage ne veut pas cautionner l'inchiffrable"", ont ironisé Valérie Pécresse et Luc Chatel pour l'UMP.
""J'imagine que c'est un message à l'intention de ceux qui accumulent des dizaines de milliards de promesses qui ne pourront pas être tenues"", a remarqué de son côté le candidat UDF François Bayrou. AP

Jeudi 15 Février 2007 - 16:53
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France : élections présidentielles