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La liberation audiovisuelle marocaine, conditions et limitesL’audiovisuel marocain, à l’image d’autres secteurs, est en train de se projeter dans l’avenir. Avec de nouvelles télévisions et des radios privées, le défi de conjuguer qualité et attente du public sera-t-il réussi ?
Les sages de la Haute Autorité de la Communication audiovisuelle (Haca) n’ont pas encore rendu leur copie concernant l’octroi des autorisations d’émettre pour les projets de télévisions ou de stations radio. Mais les grandes tendances sont plutôt établies ; la plupart des neuf projets de télévision étudiés par la Haca devraient obtenir leur autorisation d’émettre dans la mesure où les fréquences sont disponibles. Ce sera le cas pour le projet de chaîne de télévision Médi1 Sat présenté par la société Médi1, la première radio privé du Maroc. Parmi la trentaine de projets de radio, certaines sont soumises à un nouveau round de sélection. Parmi elles, il y aura des éliminations car la demande dépasse l’offre, c’est le cas notamment pour les projets de radios régionales à Casablanca et à Rabat. Les projets de télévision présentés par des investisseurs marocains sont issues de groupements mixtes étrangers et nationaux à une ou deux exceptions près ; plus que la nationalité des candidats, ce qui importe le plus dans l’expérience marocaine, c’est la démarche qui a présidé à cette libération homéopathique secteur audiovisuel. Cela est dû à la situation dans laquelle se trouve le paysage audiovisuel marocain (Pam). Pendant de longues décennies, le Pam ressemblait à s’y méprendre à L’Ortf français. Un monopole d’Etat qui ne souffrait aucune initiative privée et qui, d’autre part, ne donnait aucune marge de manœuvre aux établissements publics présents pour établir de véritables traditions professionnelles dans le domaine de la production. L’arrivée de Medi 1 au début des années 80, dont la création s’est faite à l’époque en dehors des réglementations, a ouvert une petite brèche dans le carcan qui enveloppait le secteur. Fin des années 80, la chaîne de télévision 2M international arrive, dans les mêmes conditions que Medi1, pour élargir cette brèche. 2M, même cryptée, a suscité des interrogations sur l’avenir et le rôle de l’audiovisuel. L’explosion de l’arrivée des stations satellitaires, au milieu des années 90, acheva d’ouvrir l’horizon devant le spectateur et marginalisa les télévisions publiques.
Libéraliser sans anarchie Les téléspectateurs se brancheront rapidement et durablement sur les satellites et le piratage des programmes cryptés met définitivement fin au contrôle de l’état sur les médias. Une situation de fait qui deviendra légale au moins en ce qui concerne l’installation d’antennes paraboliques, avec la loi autorisant cela, qui sera votée en 1996, mais il a fallu attendre la fin de la décennie 90, et même l’année 2000, pour voir le débat ou plutôt la revendication de la fin du monopole soumise au débat public. Plusieurs montures de loi organique seront préparées à cet effet avant l’adoption, fin novembre 2000, de la loi sur la libéralisation de l’audiovisuel. La loi de 2004, elle, devait répondre à un besoin de réforme de l’image que l’audiovisuel national public véhiculait. Ce processus de libéralisation a deux limites L’une est contextuelle et inhérente aux conditions créées par la loi elle-même. Ainsi, les médias nationaux ou internationaux qui obtiendront les licences de diffusion devront s’engager à respecter scrupuleusement plusieurs principes essentiels, en particulier les valeurs de la monarchie et les acquis du Royaume en matière d’islam et d’intégrité territoriale. L’autre limite, d’ordre objectif, concerne les fréquences disponibles puisque la libéralisation en question concerne les ondes hertziennes. Nous risquons de nous retrouver très rapidement, comme ce fut le cas, en 1981, de la libéralisation des médias en France, en situation de saturation. C’est pour cela que les délibérations, autour des projets présentés, de la part de l’autorité de tutelle se prolongent longtemps. L’avenir nous dira si l’expérience marocaine en matière de libéralisation audiovisuelle a eu le mérité de susciter une émulation dans un Pam aujourd’hui plutôt ronronnant et peu porté sur le changement. Jeudi 22 Février 2007 - 04:25
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