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Le Maroc et gênes Clin d’œil de l’HistoireLa méditerranée a joué un rôle remarquable dans l'éclosion et l'épanouissement des grandes civilisations de l'humanité. Le Maroc y était tantôt acteur principal, tantôt figurant. Sa relation commerciale avec Gênes fait entrer la petite histoire dans la grande.
Le souverain marocain Moulay Slimane (1792-1822) adopte à l'égard de l'Occident chrétien une politique de repliement en affirmant n'avoir nullement besoin de l'Europe et en souhaitant qu'elle n'ait pas davantage besoin de lui. Pacifiste et sage, il veut éviter tout sujet de conflit ou de mésentente avec les puissances européennes naissantes. Les conséquences de cette volonté d'isolement affectent tout naturellement les rapports du Maroc avec l'Europe. Avec l'avènement du Souverain Moulay Abderrahmane (1822-1859), s'ouvre pour le Maroc une ère nouvelle. La cour de Turin, chargée alors des intérêts génois, n'hésite pas à frapper à la porte du nouveau souverain. En 1825, Ermirico, Consul de Sardaigne, soumet au souverain le texte d'une convention qu'il ratifie sans tarder. Et c'est au pavillon sarde que le Maroc confie, lors de la disette de 1825-1826, le transport, tant à Rabat qu'à Tétouan, du blé pris aux entrepôts de Gênes. La même année, le Maroc achète une corvette à la Sardaigne pour protéger les côtes marocaines et freiner la contrebande de toute sorte dont souffre l'économie du pays. Entre 1825 et 1830, le commerce méditerranéen s'anime à nouveau. Les Marocains participent à ce réveil. Leurs armes s'appellent alors le blé et la laine. Les navigateurs génois, installés à Gibraltar, assurent la navigation maritime entre le Maroc et Gênes, qui se fait en grande partie sous pavillon sarde ou avec des génois de Gibraltar. Ainsi en test-il des laines que les Etats-Unis importent du Maroc jusqu'en 1936. Elles sont transportées de Mazagan et de Mogador par navires sardes. Marseille, dans sa reprise commerciale avec le Maroc, a essentiellement recours aux navires génois pour leur prestation peu onéreuse. A partir de la moitié du XVIIIe siècle, d'assez importants comptoirs de commerce s'établissent dans les principaux ports du Maroc. La majorité des agents diplomatiques ou consulaires installés au Maroc sont négociants, armateurs ou commerçants. La très recherchée représentation diplomatique ou consulaire consolide leur position sociale pour entamer une entreprise mercantile, en l'aidant à s'épanouir par les nombreux avantages que leur procure cette fonction officielle que la Makhzen tient en grande estime, bon gré mal gré. Entrée en scène de l’Europe coloniale L'occupation de l'Algérie par la France colonialiste en 1830 inquiète sérieusement les souverains et le peuple marocain. Sachant qu'elle attend l'opportunité politique favorable pour étendre son occupation au Maroc, les responsables modifient leur attitude à l'égard de l'Europe colonialiste. Resté seul à lui tenir tête au Maghreb, la bataille d'Isly contre la France en 1844 et celle de Tétouan contre l'Espagne dévoile la faiblesse de l'armée de l'Empire chérifien et la pauvreté de sa trésorerie.Sur le plan commercial, les activités des marchands marocains s'estompent depuis les décisions prises par le Sultan Moulay Slimane à leur encontre. La conduite scandaleuse de ceux qui se font passer pour Chorfas (descendants du Prophète par Ali et Fatima) l'amène à décréter la peine de mort contre ceux de ses sujets marchands qui voyagent en terre chrétienne sans sa permission. Une telle décision freine naturellement les ambitions des plus entreprenants. L'avènement de Moulay Abderrahmane ouvre une ère nouvelle à la fois pour le négoce européen mais également pour les marchands marocains qui sont désormais autorisés à commercer et à s'installer en Europe. Pour l'Italie, citons par exemple Abdeslem ben Mohamed Slaoui, la famille Bouhlal, Mohammed Ben Zid Berrada… Ces commerçants comme leurs homologues génois jouent un rôle non négligeable dans le maintien des relations commerciales entre le Maroc et l'Italie. Ils comblent le vide de la diplomatie chérifienne. L’Italie, un partenaire privilégié Le Souverain Moulay El Hassan (1873-1894) cherche de l'aide auprès de l'Italie dont il ne craint pas les ambitions et qui lui semble pouvoir l'assister sans trop lui demander en retour. En mai 1876, il charge Scovasso, chef de la délégation italienne à Tanger, de lui procurer deux canonnières. Avant cette date, une des premières missions d'étudiants marocains à l'étranger part en Italie pour suivre des études à l'Ecole royale internationale. Les 24 étudiants de cette école sont choisis sur instruction du Sultan par le diplomate Gentile. Le groupe embarque pour Gênes en septembre 1888. Cette coopération culturelle entre le Maroc et l'Italie aurait-elle pu contribuer au renouveau de l'Empire chérifien et lui permettre de devenir le Japon de l'Occident musulman et de l'Afrique ? Difficile de répondre. Les ambitions coloniales de l'Italie exigent un désintéressement forcé du Maroc. Cependant, les familles italiennes installées de longue date dans ce pays s'intègrent à la population marocaine en entretenant les relations entre les deux peuples. Relation démesurée, fraîche par la brise méditerranéenne, chaleureuse par l'air chaud du Sahara… L'histoire des deux rives de la méditerranée a donné des exemples d'échanges apaisés, mais aussi d'occasions ratées. Avec le regard et la réalité d'aujourd'hui, l'Histoire n'est, peut-être, qu'un éternel recommencement !
Les relations commerciales entre le Maroc et l’Italie n’appartiennent pas qu’à l’Histoire... Une délégation marocaine conduite par le président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), Hassan Chami, a pris part au forum économique du bassin Méditerranéen, qui s’est déroulé du 20 au 21février à Palerme. Cette manifestation, initiée par le gouvernement italien en collaboration avec le patronat et l'Union Méditerranéenne des Confédérations d'Entreprises (UMCE), avait pour objectif de "renforcer la coopération entre l'Italie et la rive sud de la Méditerranée", a indiqué le directeur de la section italienne de la promotion des échanges à Casablanca, Massimilianio Sponzilli. Le Maroc, le livre d'Edmondo De Amicis paru en Italie en 1876 et en France en 1882, vient d'être réédité par les Editions la Porte dans leur collection Mémoire du Maroc. De Amicis participe à la première mission diplomatique de l’Italie unifiée au Maroc at arrive en 1875 à Fès. Homme de lettres, sans connaissance préalable du pays, il étudie, par l’observation et le contact quotidien, les moeurs et les différents aspects de la société marocaine de l’époque. 174 illustrations des peintres Bisco et Usal agrémentent les textes et font de cet ouvrage un véritable livre d'art. Jeudi 15 Février 2007 - 05:02
Par M'barek Zaki est historien, professeur chercheur à l'Uni
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