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Le sergent Abdeslam Dahbi, de l’Armée Coloniale à l’Armée Royale

Le Sergent Abdeslam nous avait confié, en 1980, une copie de ses mémoires dont nous avons publié de larges extraits dans une série intitulée : Histoire de la résistance et de l’armée de libération, de la voix de ses hommes.



De cette publication, nous présentons aux lecteurs quelques extraits qui tracent les grandes étapes de l’itinéraire militaire de ce soldat. Engagé dans l’armée coloniale française à la veille de la deuxième guerre mondiale le Sergent Abdeslam participa aux différentes campagnes que l’Armée Française devait mener en France, en Allemagne et en Indochine. En 1949, il quitta Saïgon pour le Maroc et fut affecté à Marrakech comme planton au service du général de Hauteville. De ce poste, il suivit de près toutes les tractations que menait le pacha El Glaoui et le général de Hauteville visant la déposition de Mohamed V. Il eut l’idée, à maintes reprises, d’assassiner les deux hommes et de se donner la mort. De cette idée, il parla à l’un des soldats de ses intimes. Ce dernier lui déconseilla d’entreprendre cette action et le pria de dissimuler ses sentiments patriotiques devenus très manifestes à travers son comportement, ses gestes et les traits de son visage. Quelques jours après, dit-il : « le Colonel, Commandant en chef des troupes, me convoqua à son bureau ». « Abdeslam ! Ces derniers jours tu projetais d’assassiner le pacha El Glaoui et le Général de Hauteville… N’est-ce pas ? Cette fois je ne te traduirai pas devant le tribunal militaire, cependant ta présence au Maroc n’est pas souhaitable… Tu seras transféré soit en Allemagne soit en Indochine ».
Itinéraire et ralliement Abdeslam fut transféré en Allemagne le 5 Septembre 1952 et ne revint au Maroc que le 17 juin 1954, quelques mois après l’exil de Mohamed V. Affecté à Taza, un congé de trois mois lui fut accordé avant de reprendre son service. C’est au cours de ces trois mois que le Sergent Abdeslam Dahbi chercha par tous les moyens à contacter les responsables des mouvements de la Résistance armée pour mettre à leur disposition son expérience et son enthousiasme patriotique. C’est à ce moment précis que les préparatifs et les démarches se poursuivirent pour lancer l’insurrection du Rif et la formation des Commandos de l’Armée de Libération. Plusieurs actions multiformes furent employées pour inciter les soldats marocains de l’Armée Française à rejoindre les rangs de l’Armée de Libération : actions di-rectes, actions par personnes interposées, tracts, lettres et circulaires. Abdeslam Dahbi compte parmi les premiers sous-officiers marocains de l’Armée française et espagnole ayant rallié le maquis après avoir été formés dans les écoles françaises et espagnoles et s’être battus au Proche-Orient, en Europe et en Indochine ou avoir été prisonniers du Viet-minh. Le ralliement de ces hommes ayant déserté l’Armée Coloniale, emportant avec eux leurs expériences guerrières et leurs armes, apporta à l’Armée de Libération Maro-caine une contribution appréciable qui mit les ArméesG GColoniales françaises devant un sérieux dilemme politico-militaire inattendu, obligeant le gouvernement français à chercher une solution raisonnable à la crise franco-marocaine ; en entamant avec le Roi et les nationalistes de tendances modérées, les négociations qui devaient aboutir à la reconnaissance par la France et l’Espagne de l’indépendance du Maroc.
Naissance des FAR Parmi les critères de l’indépendance et de la souveraineté d’un Etat, figure l’institution d’une armée nationale. Pour bien marquer l’importance de cette institution militaire et l’intérêt primordial que lui portent le peuple marocain et son Souverain, ce dernier en devint le Chef Suprême et désigna le Prince Moulay El Hassan aux hautes fonctions de Chef d’Etat Major, chargé de mettre sur pied les fondements et les structures de cette Armée Nationale, dans les plus brefs délais. Les 15 000 hommes marocains venant des différentes unités de l’Armée Française, devaient constituer la première force nationale avec leur équipement et leur armement complets. De son coté, l’Espagne mit à la disposition de l’Armée Royale les hommes et les officiers marocains engagés dans l’Armée Espagnole qu’on estimait alors à environ 10 000 hommes. Le 14 mai 1956, le prince Moulay El Hassan, Chef d’Etat Major Général, présente au roi Mohamed V et à la nation, les Forces armées royales, à Rabat, au cours de leur premier défilé. Quelques mois plus tard, les effectifs de cette jeune Armée vont se renforcer par le ralliement et l’intégration d’à peu près 5 000 hommes provenant de l’Armée de Libération. Le 30 mars 1956, le roi Mohamed V reçut au Palais royal de Rabat 30 chefs de cette armée, responsables des opérations de guérillas dans les différentes régions du Rif et du Moyen Atlas. Au cours de cette audience, le Souverain leur déclara : « Votre Souverain est pleinement au courant de votre but et du combat que vous avez mené pour défendre le trône marocain et la cause sacrée de la patrie ». Parmi les 30 chefs de l’Armée de Libération présents à cette audience, le Sergent Abdeslam Dahbi, responsable des opérations de la zone d’Aknoul, une zone qui constituait l’un des trois triangles de la mort : Aknoul, Boured et Tizi-Ousli. Avec l’intégration de cette armée au sein des Forces armées royales, le Palais s’assurait ainsi, par l’autorité et le prestige du Roi, un avantage décisif dans l’équilibre des forces dans un Maroc indépendant où la lutte pour la prise du pouvoir national commençait à se manifester.


La France a représenté en 2005 le principal pourvoyeur de touristes au Maroc, avec 1,3 millions de personnes sur 5,8 millions de touristes. Le Royaume, qui a fait du tourisme l'une de ses priorités économiques, veut cibler d'autres pays riches pour atteindre l’objectif de sa "Vision 2010", présentée en 2001, qui peut se résumer en quelques chiffres-clé : 10 millions de touristes, 160.000 lits supplémentaires, création de 600.000 emplois et un investissement global de 90 milliards de dirhams (8 milliards d'euros environ). "En 2001, on paraissait trop optimistes en visant 10 millions de touristes. Aujourd'hui, cela semble réalisable" se félicite Jalil Benabbès Taarji, Président de la Fédération nationale du tourisme (FNT). "Nous ne sommes pas bons sur l'Italie et l'Allemagne, il faut développer un tourisme à leur goût" explique Abbas Azzouzi, le directeur de l'Office national marocain du tourisme (ONMT). "Pour l'Italie, ce sera une station balnéaire sur la Méditerranée: Saïdia, en construction dans le nord-est du Maroc. Les Allemands, eux, ont besoin d'une plus vaste offre balnéaire sur l'Atlantique" dit-il. L'Etat marocain et les grands groupes Emiratis Emaar et Dubai Holding viennent de signer huit conventions d'investissement pour un montant global de 9 milliards de dollars (7,5 milliards EUR). Ces investissements concernent des projets touristiques à Rabat, Tanger, Casablanca et Marrakech. Le tourisme est devenu le premier pourvoyeur de devises, avec 41,05 milliards de dirhams (3,7 milliards d'euros) en 2005.


Jeudi 22 Février 2007 - 04:49
Zaki M’barek, Historien-chercheur
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