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Les contradictions allemandes sur le réchauffement

L'Allemagne est le sixième émetteur mondial de gaz à effet de serre, refuse les limitations de vitesse destinées à réduire les émissions de CO2 et remplace ses centrales nucléaires par des centrales à charbon.



Pourtant, la troisième plus grande économie mondiale jouit d'une excellente réputation en matière de lutte contre le réchauffement climatique et devrait être un acteur clé de la conférence de l'Onu sur le climat qui s'est ouverte lundi à Bali.
Les lois pionnières de l'Allemagne en matière d'énergies renouvelables ont été abondamment copiées et plus de la moitié de l'énergie solaire mondiale est produite dans ce pays de 82 millions d'habitants, qui ne bénéficie pourtant pas d'un climat très ensoleillé.
L'Allemagne agit-elle donc suffisamment pour lutter contre le réchauffement ? ""Non, vu la menace, il est clair qu'on n'en fera jamais assez contre les changements climatiques"", a déclaré Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères, dans une interview accordée à Reuters.
""Les dirigeants politiques doivent présenter un projet concret et réaliste de protection de l'environnement et de réduction des émissions de CO2, pas seulement rester immobile en décrivant des scénarios catastrophe."" La chancelière Angela Merkel et Steinmeier, également vice-chancelier, ont fait du réchauffement un sujet de premier plan lors du sommet du G8 de 2007, organisé en Allemagne.
Tous deux soutiennent vivement la préparation d'un traité devant succéder au protocole de Kyoto, principal objectif de la conférence de Bali.
""Le temps presse, tout le monde doit apporter sa contribution"", a déclaré Merkel dans un podcast hebdomadaire diffusé samedi. ""Il appartient à chaque pays d'agir. En Allemagne, nous voulons montrer l'exemple"", a-t-elle ajouté.
LIMITES DE VITESSE Les groupes écologistes allemands doutent toutefois de ces bonnes intentions.
Ils font remarquer que le gouvernement refuse d'imposer une limitation de vitesse unique sur l'ensemble des 6.000 km du réseau autoroutier. Le puissant lobby automobile allemand s'oppose fermement à une telle mesure.
""Les constructeurs automobiles allemands diraient que nous avons trop de limitations de vitesse"", a affirmé Steinmeier.
""Nous n'avons peut-être pas de limite formelle mais sur presque chaque autoroute, la vitesse est limitée à 120 ou 130 km/h. On ne peut pas rouler vite partout."" Selon les écologistes, l'imposition d'une limite de vitesse sur les autoroutes permettrait de réduire les émissions de CO2.
Tout en mettant en avant ses accomplissements dans le domaine du climat et en appelant les autres pays à agir davantage, le gouvernement allemand a approuvé la construction d'une vingtaine de centrales électriques à charbon, rendues nécessaires par le démantèlement progressif des centrales nucléaires.
Selon Greenpeace Allemagne, si les 24 centrales prévues sont construites - six sont déjà en chantier - il sera impossible au pays d'atteindre son objectif de réduire les émissions de CO2 de 40% entre 1990 et 2020.
Le niveau des émissions en Allemagne stagne depuis le milieu des années 1990. La majeure partie de la baisse de 17% enregistrée depuis 1990 provient de la disparition après la réunification des industries polluantes d'ex-RDA.
""Nous avons été tout sauf inactifs"", a assuré Steinmeier.
""Nous savons que la désindustrialisation de l'Allemagne de l'Est a joué un rôle considérable. (Mais) nous savions dès 1998 que la désindustrialisation ne continuerait pas éternellement à faire baisser les émissions de CO2. C'est pourquoi nous avons entrepris de développer les énergies renouvelables en 1998, jusqu'à un niveau très élevé."" Steinmeier a également souligné, non sans fierté, qu'une quarantaine de pays avaient adopté la loi allemande sur les énergies renouvelables, qui aide les ménages à refinancer l'installation de panneaux photovoltaïques.
""En plus de la technologie, nous voulions aussi exporter le cadre réglementaire visant au développement des énergies renouvelables"", a-t-il ajouté.

Souce Reuters, BERLIN, 3 décembre 2007

Lundi 3 Décembre 2007 - 06:36
Erik Kirschbaum
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