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Les dynamiques marocaines

La société marocaine connaît, depuis une dizaine d'années, des transformations profondes accentuées par l'arrivée au pouvoir de Mohammed VI. Certes, le chemin des réformes est long mais il faut souligner le courage avec lequel des dossiers épineux sont traités, à commencer par celui du champ politique.



Mohammed VI, après son intronisation, n'a pas voulu changer le gouvernement d'alternance issu des urnes mais il a opté pour des modifications importantes au sein des ministères dits de souveraineté, dont le principal, celui de l'Intérieur, qui a été omniprésent durant des décades dans les différentes institutions marocaines. C'était un signe fort pour affirmer que l'institution royale évoluait et que c'était aux partis politiques et à leurs militants d'œuvrer de la sorte au sein de leurs formations. Les élections transparentes de 2002 ont démontré que les partis politiques sont encore loin de faire leur mutation, de rajeunir leurs cadres et d'adapter leur discours à la nouvelle réalité marocaine et internationale. D'où la progression du parti étiqueté islamique, le Parti de la justice et du développement. Celui-ci, grâce à son discours moralisateur et à sa virginité dans la pratique du pouvoir, a réussi à créer une adhésion conséquente. Mais cette adhésion n'est pas irrévocable et peut se tourner vers d'autres acteurs politiques s'ils se mettent en phase avec les aspirations des citoyens. Le nouveau code des partis politiques vient consolider le choix démocratique et doter ces partis des moyens nécessaires pour mener à bien leur action dans de bonnes conditions. Et permettre également leur démocratisation interne en rendant obligatoire la tenue de congrès réguliers et par la mise en place de structures de régulation et de contrôle. La question du Sahara et la proposition d'une large autonomie des provinces du Sud inaugure une nouvelle phase dans le traitement des questions politiques et la gestion régionale. La société civile, à travers le Corcas et les associations, les partis politiques, les médias… participe ainsi au débat et à la réflexion autour de la nature de cette gestion régionale. C'est un projet d'avenir qui profitera aux Etats voisins. Un pays est fort quand il n'a pas peur de l'expression libre de ses citoyens mais au contraire l'encourage et la protège. Sézame, magazine des deux rives, vit aussi au quotidien l'évolution de la société française qui est entrée officieusement dans la compagne électorale pour les présidentielles de 2007. Soutenir ou pas le projet de Nicolas Sarkozy sur l'immigration est une affaire d'opinion. Cependant, ce qui est condamnable, c'est de continuer à faire l'amalgame entre des citoyens français issus de l'immigration et les situations d'irrégularités. La France saura-t-elle résoudre ses crises, sans agiter l’épouvantail de l’immigration, pour rester fidèle à ses Lumières ?

Jeudi 22 Février 2007 - 04:09
Hakim El ghissassi
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