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Les étudiants s’engagent

Pour lutter contre l’échec scolaire en banlieue, une association d’éducation populaire en appelle à la solidarité des étudiants.



Chaque lundi, après ses cours à la fac de Bobigny, Sabrina Djallali se précipite au Collège Jean Vilar à La Courneuve, en région parisienne. Trois collégiens, en butte avec le système scolaire, l’y attendent pour des cours de soutien. « L’Afev (association de la Fondation étudiante pour la Ville) a tenu une réunion dans mon université pour recruter des bénévoles. Ça été un déclic, j’ai toujours été attirée par le social, alors je me suis engagée », raconte-t-elle. Sabrina (voir encadré) fait partie d’une armada de 5 000 étudiants bénévoles adhérents de l’Afev. Parce que le modèle républicain n’apporte pas l’égalité escomptée, l’association a décidé, en janvier dernier, de lancer l’opération Pas de quartier pour les inégalités. Objectif : mobiliser des milliers d’étudiants en faveur des quartiers sensibles. Le principe : accompagner un enfant en difficulté scolaire deux heures par semaine tout au long de l’année. Pour Nicolas Delesque, secrétaire général de cette association qu’il a fondée il y a 15 ans lorsqu’il était encore étudiant, c’est un appel à la responsabilité citoyenne des étudiants : « Ce qui est en jeu, c’est la solidarité et le partage contre l’égoïsme et l’individualisme ». Les 5 000 étudiants bénévoles de l’Afev (80 % sont des femmes) suivent ainsi chaque semaine 8 000 écoliers et collégiens, avec une seule optique : leur montrer que la réussite scolaire n’est pas l’apanage des privilégiés. Pas simplement en les aidant dans leur apprentissage, mais aussi en les encourageant, en échangeant leurs expériences pour créer des « passerelles entre ces étudiants en voie de réussite et une jeunesse qui, à cause de son environnement, rencontre des obstacles ». « Les jeunes en difficulté scolaire ne sont pas plus bêtes que les autres. Mais le hic, c’est qu’ils n’ont pas compris les codes de l’école. A travers ce contact avec un étudiant qui réussit, on tente de lui redonner le goût d’apprendre », explique avec conviction Nicolas Delesque. En s’inspirant de ces initiatives qui marchent, les politiques ne s’y sont pas trompés. A la lumière des événements de novembre, pour réduire les inégalités culturelles et développer l’accès aux étu- des supérieures, le ministre de G Gl’Education Nationale, Gilles de Robien, a en effet annoncé la mobilisation de 100 000 étudiants pour accompagner 100 000 élèves de l’éducation prioritaire. Une proposition qui n’est pas du goût de tout le monde. Le Syndicat national des enseignements du second degré (Snes) y voit « un choix de passer d’une logique territoriale de lutte contre les inégalités à celle d’une individualisation des parcours et de la distinction de quelques élèves méritants ». L’Afev, quant à elle, mise sur le recrutement de 30 000 étudiants d’ici un an. Avec la solidarité pour credo, l’association dément la théorie du philosophe John Rawls, qui, persuadé que nous n’avons pas tous les mêmes aptitudes, proclamait : « L’égalité des chances signifie une chance égale de laisser en arrière les plus défavorisés dans la quête personnelle de l’influence et de la position sociale ».


Une grande sœur comme modèle de réussite
Par Marie-Anne Muller

Généreuse, Sabrina Djallali l’est assurément. Elle ne donne pas de son temps, elle en a, insiste-t-elle. Cette étudiante de vingt-et-un ans, en licence de Santé et sciences sociales à Paris XIII, a choisi de rejoindre en novembre le rang des étudiants bénévoles de l’Afev. Son champ d’action : le collège Jean Vilar à la Courneuve. Là où la plupart des élèves viennent de la tristement célèbre Cité des 4000, elle aide une heure et demie par semaine trois élèves à faire leurs devoirs. Pas toujours facile de faire face à des gamins de 6e et de 5e à qui il arrive d’oublier leurs cahiers et qui se plaignent que « l’école n’est là que pour les casser ». Mais pas de quoi non plus décourager cette optimiste au regard franc, qui préfère zapper les informations à la télé que s’appesantir sur les mauvaises nouvelles. Sabrina a grandi et suivi sa scolarité à Aubervilliers. Elle vit aujourd’hui à la Courneuve. Avec ses parents, sa sœur jumelle et ses deux frères de dix-neuf ans, jumeaux eux aussi. « J’ai connu le même schéma que ces élèves, le même réseau de connaissances, ce mélange ethnique, racial et religieux, le sentiment parfois d’être étranger. Mais ça n’excuse pas tout. » Car la réussite scolaire, Sabrina y croit, dur comme fer. Son père et sa mère, Algériens d’origine, lui ont inculqué le travail comme valeur. « Je n’ai jamais séché un cours, j’aimais bien trop ça », confie-t-elle, tout sourire. Et cette motivation sans faille, ce goût du travail, elle essaie aujourd’hui de les insuffler à ses élèves.



Une équipe d'experts maghrébins a élaboré, le 29 avril à Rabat, un projet de création d'une commission consultative permanente pour les Maghrébins résidant à l'étranger. Sa mission serait notamment de mettre en place une politique maghrébine commune dans le but de protéger les droits et les acquis de ces populations dans les pays d'accueil et de renforcer ses liens avec les pays d'origine. Le secrétariat général de l'Union du Maghreb arabe indique que le groupe de travail chargé de la coordination, du suivi et de l'information sur les questions des Maghrébins résidant à l'étranger a pris cette initiative en présence des représentants de tous les pays membres de l'Union. Le groupe de travail échangera les informations sur les conséquences de l'élargissement de l'Union européenne sur les Maghrébins y résidant et mettra en oeuvre une stratégie commune pour son suivi, en plus de la dynamisation de la contribution des potentialités scientifiques et économiques maghrébines au développement des pays de l'Union en vue de mettre fin à la fuite des cerveaux.


Sapho verse Ferré dans le flamenco Forte de son précédent succès, Sapho revient sur la scène de la Maison de la poésie avec son spectacle « Sapho chante Léo Ferré ». Un Ferré dépouillé de ses accents tragico-lyriques, déporté vers un flamenco gai et alerte. Sapho a su redonner un souffle nouveau aux textes de Ferré en y introduisant des sonorités flamenco avec Vicente Almaraz à la guitare flamenca et Alyss aux percussions. Dans une mise en scène épurée, la chanteuse-interprète s’abandonne à l’ivresse des mots et de la musique pour le plus grand plaisir du public. Le petit plus de ce spectacle : l’intemporel « Avec le temps » de Léo Ferré en darija (dialecte marocain), un petit clin d’œil à son pays natal. Spectacle présenté du 20 avril au 21 mai 2006 Théâtre Molière – Maison de la poésie - 157, rue Saint-Martin 75003 Paris Métro : Rambuteau ou Les Halles - www.maisondelapoesie-molière.com Réservation par téléphone au 01 44 54 53 00 - Du mardi au samedi de 14h à 18h

Jeudi 22 Février 2007 - 04:36
Marie-Anne Muller
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