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Les maux de la démocratie

A la veille d’élections cruciales pour la France (présidentielles) et le Maroc (législatives), « Sézame », fidèle à sa volonté de croiser les regards entre les deux rives de la Méditerranée, vous propose un dossier intitulé « Elections, la fin de la démocratie ? ».
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Les maux de la démocratie
Le mot démocratie est aujourd’hui tellement galvaudé qu’on tente de plus en plus souvent de lui adjoindre des qualificatifs comme « participative » pour lui redonner de la crédibilité. On la présente aussi parfois comme la réponse universelle aux critiques des citoyens sur le déroulement du débat politique. Des manifestations de défiance à l’égard d’un débat que l’on dit étouffé par des médias omniprésents, privilégiant tel ou tel candidat, marginalisant tel autre, ou qui ne répondrait qu’aux exigences de lobbies économiques, culturels ou idéologiques.
Un Marocain vivant au Maroc a t-il le même regard sur le débat politique français qu’un Franco-marocain vivant en France ? Si le premier est sensible aux qualités communicationnelles des acteurs politiques français et à la mise en scène des débats contradictoires à la télé, le second, lui, brille par son absence sur ces mêmes plateaux de télé. Il se sent exclu et se considère bafoué dans ses droits d’expression. C’est un élément majeur de son désintérêt pour la chose politique. A la veille de chaque élection, des campagnes de sensibilisation sont organisées afin de le faire participer aux élections. Elles sont généralement le fait de militants associatifs qui, la plupart du temps, sont d’origine immigrée. Le communautarisme tant décrié rejoint ainsi l’action politique faute d’ouverture de l’espace d’expression.
Un citoyen enfermé dans le narcissisme ou le paternalisme ne peut concevoir une démocratie en dehors de son paysage coutumier. Les doutes et les suspicions prévalent chez lui. Il ne peut croire aux changements qui animent des espaces qui lui sont différents. Pour autant, allons-nous rester prisonniers du regard de « l’autre », si tant est qu’il soit vraiment « autre » ? Ou bien, au contraire, allons-nous croire en nos démarches et consolider notre processus, en gardant l’œil ouvert sur les évolutions des sociétés, de notre entourage, pour ne pas tomber dans le piège de l’autosatisfaction. Nos actions ne peuvent se concevoir en dehors de la marche de l’humanité. Il est temps que l’hégémonie de la pensée et les postures de donneurs de leçon cessent de polluer la marche de nos sociétés. Nous avons besoin d’une nouvelle société civile capable de respecter les spécificités et d’être à l’écoute, avec modestie. Un élément indispensable à l’expression démocratique, une société civile mondiale consciente des avancées respectueuses des choix individuels.
Ralf Gustav Dahrendorf nous propose cette réflexion : « Il faut six mois pour organiser des élections, dix ans pour installer une économie de marché, mais une génération pour créer une société civile. Or, sans société civile, il n’y a pas de démocratie. » Dans un monde ouvert, quelle définition donner à la société civile ? Est-elle universelle ou prisonnière de particularismes. La mobilité des sociétés civiles modernes et les impacts qu’elles exercent aujourd’hui sur des pays vulnérables les rendent très influentes et amplificatrices de certaines difficultés, naturelles pour des sociétés en transition.
L’autre exercice périlleux de la démocratie est celui du rôle que peut jouer un chef d’Etat garant du respect des attentes des populations. Mais également capable d’être rassembleur, respectueux des valeurs et des spécificités. Une démocratie axée uniquement sur l’arithmétique et le nombre de voix n’a pas d’avenir dans un monde qui se questionne sur le sens de sa vie.

Sommaire

société
Royaume du Maroc, ouverture de la Bibliothèque nationale

010 dossier Elections, la fin de la démocratie ?
Une démocratie à revisiter !
La démocratie en crise ?
Jeunesse marocaine et élections 2007
Les femmes et les urnes
Citoyenneté et démocratie,
vote et participation politique
Pose ton vote !
Qui a peur du vote des MRE ?
Re-légitimer la représentation par la participation
La mutation du citoyen
Partager le pouvoir
Le désenchantement de la démocratie selon Jacques Langlois

entretien du mois,
Nabil Benabdellah : un front uni aux législatives

b économie]b
Retour sur les 4e Intégrales de l’Investissement
Comment rentabiliser l’épargne maghrébine en Europe ?
Les clefs pour une économie marocainedécomplexée

Audiovisuel
Profusion de chaînes au Maghreb

Des deux rives
L’Arabe en France

Jeudi 8 Février 2007 - 08:51
Lu 576 fois


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