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Mandat international contre le charcutier des implants mammairesJean-Claude Mas, le fondateur de la société (PIP) avait flairé un bon filon. Cet ex-roi de la cochonnaille fait l'objet d'un mandat d'arrêt international depuis ce matin.
L'étau se resserre autour du fondateur de la societé de prothèses mammaires PIP. L'organisation policière internationale Interpol a émis une «notice rouge» pour demander à ses pays membres l'arrestation du Français Jean-Claude Mas. Les «notices rouges» d'Interpol servent à demander l’arrestation provisoire en vue d’extradition d’individus recherchés et sont fondées sur un mandat d’arrêt ou une décision judiciaire. Il est recherché par le Costa Rica pour des atteintes " à la vie " et " à la santé ".
Mais qui est Jean-Claude Mas ? Un ex-charcutier qui aurait flairé le bon filon avec l’explosion du marché de la chirurgie esthétique ? Dans ce milieu médical particulier et très juteux, les langues commencent à se délier sur la personnalité trouble de l’intéressé. Mais il aura fallu attendre les premiers dépôts de plaintes au printemps dernier puis les deux décès de cet automne pour que le scandale éclate et prenne désormais une dimension internationale. . 60 millions pour la Sécu Au-delà de l’angoisse légitime des 30.000 Françaises qui portent les prothèses mammaires du modèle PIP, on peut réellement s’interroger sur la facilité avec laquelle un ancien professionnel de la cochonnaille ait pu se lancer dans la fabrication de matériel médical. Et avec un joli succès à la clé puisque la société PIP qu’il a fondée en 1991 à la Seyne-sur-Mer (Var) a occupé pendant pas mal d’années le troisième rang mondial de ce secteur particulier d’activité avec plus de 100.000 prothèses produites par an dont 90 % étaient vendues à l’étranger, notamment en Espagne et en Grande-Bretagne. Origine de cette réussite : une politique de prix imbattable. Avec ses 116 salariés et un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros en 2008, l’enseigne avait même attiré un fonds d’investissement américain en 2003. Néanmoins, sur ce type de créneau, la concurrence est âpre et les premiers essoufflements apparaissent au milieu des années 2000. Pour maintenir à flots sa boutique dont il était devenu le président du conseil de surveillance, Jean-Claude Mas, 72 ans, aurait alors choisi d’utiliser un gel de silicone de fabrication artisanale maison, autrement dit non conforme mais surtout « dix fois moins cher » afin de pérenniser le tarif « discount » de ses prothèses. En mars 2010, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) lève enfin le lièvre et décide immédiatement de retirer les implants PIP du marché tandis qu’une enquête pour tromperie était ouverte par le parquet de Marseille. Mais une fois encore, on finit par découvrir une fraude aux conséquences sanitaires graves qui remonterait à plusieurs années avec trop de retard. ANTÉCÉDENTS Du Mediator à l’amiante en passant par la dioxine, la vache folle ou les intoxications par les produits phytosanitaires : ce laxisme chronique fourmille de précédents. Dans l’affaire PIP, des signes auraient dû mettre la puce à l’oreille des enquêteurs. En 2008, au Royaume-Uni, plusieurs femmes avaient saisi la justice pour se plaindre de la qualité défectueuse de ces implants, notamment des réactions inflammatoires locales. Pour PIP, ces poursuites ont amorcé une descente aux enfers qui s’est achevée par la liquidation judiciaire de la société en mars 2010. Depuis, les plaintes s’enchaînent, 2 172 actuellement et le gouvernement a recommandé hier « à titre préventif et sans caractère d’urgence » aux 30.000 porteuses de ces prothèses de se les faire retirer. Quant à l’ex-charcutier fondateur de PIP, il est libre. Un premier procès pour tromperie aggravée où il est cité comme « responsable présumé » est attendu fin 2012 ou début 2013. Il laisse derrière lui une entreprise en ruine, 116 salariés sur le carreau et des dizaines de milliers de femmes dans la hantise d’un cancer… Le mandat international délivré par Interpol et les recherches lancées par le Costa Rica devrait ramener ce chef d'entreprise peut scrupuleux à s'expliquer devant la justice. Patrice COSTA source est republicain Dimanche 25 Décembre 2011 - 07:37
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