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Nicolas Sarkozy : de Henri Proglio au clandestins kurdesNicolas Sarkozy a tenté lundi soir de convaincre les Français à l'occasion d' une émission inédite diffusée sur TF1 , dans la continuité du journal de 20 heures. Pour se rapprocher des électeurs à deux mois des régionales et alors qu'il demeure bas dans les sondages, le président de la République a d'abord répondu aux questions de Laurence Ferrari, avant de se livrer à un exercice de pédagogie, interpellé par des citoyens. Polémiques, difficultés des Français, réformes en cours : lepoint.fr vous propose de découvrir les points essentiels de l'intervention du chef de l'État.
Sur la polémique Henri Proglio
"Lorsque la transition sera faite, il se concentrera à 100 % à EDF", a déclaré Nicolas Sarkozy à propos de la double casquette assumée par Henri Proglio , à la fois pdg d'EDF et président non exécutif de Veolia. Le chef de l'État n'a néanmoins pas donné de date butoir à cette "transition" et parle de "quelques mois". "Il nous a demandé - et je l'ai accepté - que, pour quelques mois, il puisse faire la transition à Veolia", a indiqué Nicolas Sarkozy, interrogé par Laurence Ferrari. "Je regrette que personne ne parle de la qualité professionnelle exceptionnelle d'Henri Proglio", a encore déploré le Président, tout en louant "l'un des meilleurs chefs d'entreprise français" et en rappelant que "les organisations syndicales d'EDF ont dit : c'est le choix qu'il fallait ". Quid de son double salaire ? "C'est le vingt-troisième salaire de France pour la deuxième entreprise de France", a expliqué Nicolas Sarkozy, tout en coupant court à la polémique. L'ancien pdg de Veolia, choisi par Nicolas Sarkozy pour diriger EDF, a renoncé jeudi aux 450.000 euros annuels que devait lui verser Veolia en plus de 1,6 million perçu chez EDF . Une décision prise, selon le quotidien Le Monde , après un coup de fil du chef de l'État. "Nous en avons parlé, j'ai pensé que c'était raisonnable", a reconnu Nicolas Sarkozy sur TF1. Sur les clandestins débarqués en Corse La mise en rétention de 123 clandestins kurdes débarqués sur les plages de Corse ce week-end n'était pas une erreur, selon le chef de l'État, qui a dénoncé les "esclavagistes, les assassins [qui] utilisent la misère humaine". "Le ministre de l'Immigration a très bien géré", a dit Nicolas Sarkozy. "Nous soignons ces personnes, nous les nourrissons, nous les réconfortons, nous allons regarder de quel pays ils viennent et nous les raccompagnerons chez eux", a dit le chef de l'État. Le Président a voulu faire passer un "message très clair" : "On ne peut [pas] faire débarquer n'importe comment des pauvres gens sur les plages de France." "Je ne laisserai pas la France désarmée face à un phénomène de migrants arrivant sur des barques comme en Italie." Le débat sur l'identité nationale "La France, ce n'est pas une race, ce n'est pas une ethnie, c'est une communauté de gens différents qui ensemble construisent une nation avec des valeurs, des principes, des droits et des devoirs", a dit le chef de l'État, prenant une nouvelle fois la défense du débat lancé par Éric Besson. "Si nous ne sommes pas capables, nous les Français, de dire voilà ce que nous faisons ensemble. (...) Comment accueille-t-on ceux que nous devons accueillir et que nous sommes heureux d'accueillir ?", a-t-il lancé. "Si la Nation n'a plus rien à dire à ces citoyens, alors ce sera le repliement communautaire, et c'est justement parce que je me méfie du communautarisme que j'ai créé les conditions de ce débat." Et le Président de résumer : "Je pense que ce débat se passe tout à fait dignement et qu'il est utile." Sur les retraites "Aujourd'hui, il y a 10 % des retraites qui ne sont pas financièrement assumées. (...) Il faut trouver des solutions et on ne peut pas les différer", a affirmé Nicolas Sarkozy. "Avant la fin de l'année, nous aurons pris une décision." "Ce que je dis aux Français, d'abord, c'est que je garantirai la pérennité du système de retraites (...) et je ne changerai pas le régime par répartition, qui fait la solidarité entre les générations, par un régime où chacun épargnerait de son côté", a-t-il dit, ajoutant travailler à un allongement de la durée de cotisation. "J'examinerai toutes les pistes, la seule que je ferme tout de suite c'est [celle] de baisser les pensions de retraites", a-t-il promis. Ces décisions "concerneront tout le monde", salariés du privé et agents publics. Nicolas Sarkozy dit espérer "le plus large consensus possible". "Ce n'est pas une question de gauche ou de droite, on n'a pas le droit de faire de la politique politicienne" sur le sujet. Sur l'emploi "Dans les semaines et les mois qui viennent" les Français verront "reculer le chômage". Et le Président de souligner que, face à la crise, la France a "résisté plutôt mieux que les autres. (...) Un seul pays a fait mieux que nous en la matière, c'est l'Allemagne". "Nous, on a quand même pris 450.000 chômeurs en plus", mais "c'est en train de se retourner", a-t-il affirmé. " Nicolas Sarkozy a mis à l'index les 35 heures, expliquant que pour retrouver la croissance, il faut "permettre aux gens de travailler davantage". "Le choix des 35 heures qui a été fait s'est révélé catastrophique de deux points de vue : du point de vue des salaires, parce qu'ils ne sont pas assez élevés, et du point de vue de la croissance." Sur les chômeurs en fin de droits "Je verrai cette affaire de fin de droits", a lancé Nicolas Sarkozy, tout en soulignant l'existence du RSA et de l'allocation spécifique de solidarité. La France est le pays où "on a le droit le plus rapidement à une indemnité (...) après quatre mois de cotisation" et également celui où l'on est indemnisé le plus longtemps, "près de deux ans", a-t-il tenu à rappeler. "Personne ne sera abandonné, (...) mais le problème de la France, c'est de travailler plus, pas de travailler moins", a-t-il estimé. "La France n'a pas besoin d'assistanat, la France a besoin de trouver du travail pour les gens." Sur le référendum à la Martinique et en Guyane "Je me réjouis du choix de nos amis, Guyanais et Martiniquais (...). Ils ont choisi d'anticiper la réforme des collectivités territoriales", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Je me rendrai très bientôt en Martinique et Guyane pour envisager avec eux la suite du processus", a-t-il ajouté, précisant qu'il se rendrait "vraisemblablement" à Haïti en marge de ce déplacement. Sur l'Afghanistan "La France restera en Afghanistan parce qu'il en va de notre sécurité", a dit Nicolas Sarkozy. "Si les talibans triomphent, et les Français doivent le savoir, alors le Pakistan tombera", a-t-il expliqué. "Je ne prendrai pas la responsabilité de cette catastrophe", a-t-il affirmé, soulignant que ce pays disposait de la bombe atomique. Toutefois, le chef de l'État a réaffirmé qu'il ne comptait pas envoyer de "soldats en plus". "En revanche, si on a besoin de davantage de gens pour former, pour encadrer la police, pour réaliser des travaux de génie civil, pour aider la population, pourquoi pas." Sur les journalistes français otages en Afghanistan "Toute mon énergie, et celle de nos soldats, est mobilisée pour les sortir de la situation où ils se trouvent", a assuré le président. "Ils sont en vie, ils sont en bonne santé, mais la situation est extrêmement difficile, extrêmement périlleuse", a-t-il indiqué. "Il sera temps, une fois qu'on les aura fait revenir dans leur famille, de voir ce qui s'est passé, et pourquoi ils se sont conduits comme cela." Sur les élections régionales Nicolas Sarkozy a affirmé que "le rôle du président de la République n'est pas de faire campagne pour les présidents de régions", et indiqué qu'il ne s'impliquerait pas personnellement. "Bien sûr, si tous les électeurs qui soutiennent notre action, celle du gouvernement, la mienne, se mobilisent et vont voter, j'en serai ravi", a-t-il dit. Dans le cas contraire, le chef de l'État a également promis qu'il écouterait le message. "Quand des millions de gens votent, mon devoir, c'est de les écouter." Sur un éventuel remaniement ministériel Nicolas Sarkozy s'est borné à dire que "ça ne se passe pas à la télévision, même pas sur TF1 (...), ce genre de décision". Sur les élections présidentielles de 2012 "J'ai un travail à faire, extrêmement difficile, chef de l'État de la cinquième puissance au monde. Je le fais, chaque jour, du mieux que je peux, avec l'obsession de prendre la bonne décision, et je vous garantis que les perspectives électorales qui me concernent ne rentrent en rien en ligne de compte dans mes décisions", a affirmé Nicolas Sarkozy, alors que Laurence Ferrari l'interrogeait sur la façon dont il se voyait "après l'Élysée". Il a ajouté qu'il déciderait "le moment venu" s'il se présente à nouveau en 2012 à la présidentielle. "Le moment venu, il faudra prendre une décision, et je la communiquerai aux Français, et eux-mêmes feront un choix, mais ce n'est pas le moment venu", a-t-il poursuivi, estimant que c'est "une maladie française que d'anticiper toujours les rendez-vous". "Ce que veulent les Français, c'est qu'on travaille, qu'on ait des résultats, qu'on réponde à leurs questions", a-t-il conclu. Mardi 26 Janvier 2010 - 07:50
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Sarkozy, le "président courage"