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Oscars 2010 : Démineurs fait sauter Avatar ; Bridges et Bullock triomphentJames Cameron est peut-être entré dans l'histoire du cinéma en termes de box-office, mais son ex-femme, Kathryn Bigelow, est entrée dans l'histoire des Oscars.
Son film très intense sur la guerre en Iraq, Démineurs, a été nommé Meilleur film de l'année, et Bigelow est devenue la première femme à remporter l'Oscar du Meilleur réalisateur ce dimanche lors de la 82e cérémonie des Oscars.
Cette compétition qui devait se résumer à un face à face entre Démineurs et le techniquement novateur Avatar a tourné court. En plus de remporter l'Oscar du Meilleur film et du Meilleur réalisateur, Démineurs a triomphé d'Avatar dans la catégorie Meilleur montage, Meilleur son, Meilleur montage sonore, collectant en tout pas moins de six Oscars, sur neuf nominations. La liste complète des vainqueurs Avatar, qui n'a gagné que des Oscars techniques, a reçu le prix des Meilleurs décors, des Meilleurs effets visuels et de la Meilleure photographie. Même si les Oscars récompensant les acteurs semblaient courus d'avance, ils nous ont tout de même réservé de jolis moments. Celle qui a commencé sa carrière comme la petite fiancée de l'Amérique est devenue la chouchoute des Oscars. Sandra Bullock a couronné la plus belle année de sa carrière en remportant l'Oscar de la Meilleure actrice pour son rôle de femme du Sud des Etats-Unis qui transforme la vie d'un jeune adolescent noir défavorisé dans The Blind Side, un film inspiré d'une histoire vraie. "Je l'ai vraiment gagné, ou c'est parce que j'ai fini par vous avoir à l'usure ?", demandait une Sandra Bullock, au bord des larmes, alors qu'elle montait sur scène. Elle en a profité pour remercier les autres nominées dans sa catégorie, en exprimant combien elle apprécie Gabourey Sidibe, en louant Carey Mulligan dont l'élégance, la beauté et le talent "me rendent malade", en déclarant ne pas savoir décrire ce qu'elle ressent envers Helen Mirren et enfin, en expliquant combien Meryl Streep embrasse bien. Elle a également rendu un hommage très émouvant à sa mère, avant de conclure en remerciant "mon amoureuse, Meryl Streep". Jeff Bridges, après des années sans reconnaissance de ses pairs, a finalement eu gain de cause, en remportant l'Oscar du Meilleur acteur pour son rôle de Bad Blake, un chanteur alcoolique de country en quête de rédemption dans Crazy Heart. (Et il devrait aussi remporter un Emmy pour Meilleure utilisation du terme "mec" au cours d'un discours de remerciements.) "Merci, maman et papa, pour m'avoir montré que jouer la comédie est une profession cool", a déclaré Bridges, les yeux braqués vers le ciel en hommage à ses parents disparus, Lloyd et Dorothy Bridges. Faisant respecter les pronostics qui la donnaient gagnante, Mo'Nique a ainsi remporté l'Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle, des mains d'un Robin Williams, qui avait décidé de ne pas cligner des yeux à cette occasion. "D'abord, je voudrais remercier tous les membres de l'Académie qui récompensent une performance et non pas une vision politique", a déclaré la comique de 42 ans lors de son discours de remerciements, pour son rôle de mère abusive dans Precious. "Je veux remercier Mlle Hattie McDaniel pour avoir enduré tout ce qu'elle a enduré afin que je n'ai pas à le faire", a ajouté Mo'Nique, rendant hommage à la star d'Autant en emporte le vent, la première femme noire à remporter un Oscar, "[les producteurs de Precious] Tyler Perry et Oprah Winfrey, parce que vous en avez parlé, le monde entier l'a vu." Puis, elle a continué en remerciant son avocat, sa famille de Precious et celle de BET, et, comme toujours, son mari. Et si la catégorie Meilleure actrice dans un second rôle n'a pas réservé beaucoup de suspense, la catégorie masculine ne l'a pas été d'avantage. Christoph Waltz, vainqueur à Cannes il y a près d'un an, a triomphé dans la catégorie la plus européenne depuis des années et a ainsi remporté l'Oscar du Meilleur second rôle. "Quentin, avec ses méthodes peu orthodoxes, en explorateur impétueux, a pris les commandes de ce navire et l'a amené à bon port, et c'est ce qui explique ma présence ici", a déclaré le très éloquent Autrichien, passé maître dans l'art de la métaphore filée. Mais la série de récompenses pour Inglourious Basterds s'est arrêtée là, puisque le film qui met en scène avec beaucoup d'hémoglobine la Seconde Guerre mondiale, n'a remporté qu'un prix sur huit nominations. Mark Boal, le scénariste de Démineurs a fait exploser Quentin Tarantino en vol, favori dans un premier temps dans la catégorie Meilleur scénario original. En plus des remerciements habituels, dont à Bigelow, il en a aussi profité pour saluer les 200 000 soldats répartis en Afghanistan et en Iraq, les milliers qui n'ont pas survécu, ainsi que son père disparu le mois dernier. Tarantino n'a pas semblé trop miné par sa défaite, applaudissant chaleureusement John Travolta, qui a présenté Inglourious Basterds comme prétendant à l'Oscar du Meilleur film, et a rejoint Pedro Almodóvar pour remettre l'Oscar du Meilleur film étranger à Dans ses yeux, un film argentin. "Je voudrais remercier l'Académie pour ne pas avoir considéré le Na'vi comme une langue étrangère", a déclaré avec beaucoup de franchise le réalisateur Juan José Campanella. Plus surprenant a été la victoire de Geoffrey Fletcher, qui a adapté le roman Precious à l'écran, et qui a torpillé en plein vol l'équipe favorite de In the Air, Jason Reitman et Sheldon Turner en remportant l'Oscar de la Meilleure adaptation. Au final, In the Air est rentré les mains vides, malgré six nominations. "En voici un pour tous ceux qui travaillent sur un rêve tous les jours", a commencé Fletcher, mais qui après avoir remercié le réalisateur Lee Daniels et ses frères, a été gagné par l'émotion et a fini par remercier "tout le monde". "C'est moi qui lui ai écrit son discours", a plaisanté Steven Martin, qui présentait la cérémonie aux côtés d'Alec Baldwin (et parfois de George Clooney, dont le visage rasé de près a dû être celui qui a été le plus filmé de la soirée), et qui a gardé un ton léger, multiplié les blagues (même si certaines ont pu sembler un peu bateau) et fait rire aux éclats Meryl Streep. Bien que la soirée ait été placée sous le signe du glamour et des taquineries entre collègues, les producteurs Adam Shankman et Bill Mechanic ont essayé de modifier le style habituel et ce dès la première minute. Bien sûr, difficile de transformer un classique, mais ils ont tout de même essayé. La cérémonie a commencé avec la présence sur scènes de tous les acteurs nominés pour qu'ils soient présentés, un exercice dont étaient coutumiers Merryl Streep ou encore Morgan Freeman, mais qui a dû être une première pour les petits nouveaux aux Oscars comme Colin Firth, Jeremy Renner, Carey Mulligan ou encore Gabourey Sidibe, qui a profité du fait qu'on l'appelait pour prendre la pause du genre "Je suis canon, non ?". Puis ce fut au tour de Neil Patrick Harris de prendre la relève, vêtu d'une veste de smoking étincelante, qui a chanté les joies de faire équipe à deux, rendant hommage au passage à Bing Crosby ou Fred et Gingeru en passant par le clan Jacob. La cérémonie a également rendu un hommage émouvant à John Hughes, avec Molly Ringwald et toute la distribution de The Breakfast Club (sans Emilio Estevez), Jon Cryer, Matthew Broderick et Macaulay Culkin. "Il ne se passe pratiquement pas un jour sans que quelqu'un ne me tape sur l'épaule en me disant : «Hé, Ferris, tu passes une folle journée ?»", a révélé Broderick. Afin de garder le contrôle de cette cérémonie connue pour ses dépassements horaires, allant parfois au-delà des quatre heures (et qui risquait d'être encore plus longue avec cinq nominés supplémentaires à présenter dans la catégorie Meilleur film de l'année), les producteurs ont fait savoir dès le début que les discours de remerciements devaient être concis, et, dans un second temps, ont décidé qu'il n'y aurait pas de performances en direct dans la catégorie Meilleure chanson. Et quand T Bone Burnett et Ryan Bingham sont venus recevoir leur Oscar pour la chanson "The Weary Kind", tirée du film Crazy Heart des mains de Miley Cyrus et Amanda Seyfried, toutes deux habillées comme des princesses Disney, dans des robes sans bretelles, dignes d'un bal, le trophée a été remis bien plus tôt dans la soirée que les années précédentes. "Je voudrais remercier ma femme, Anna. Je t'aime encore plus que les arcs-en-ciel, chérie", a déclaré Bingham, parfaitement raccord avec le style country. On a pu facilement reconnaître la patte du chorégraphe Shankman, qu'on peut retrouver dans l'émission de danse aux Etats-Unis So You Think You Can Dance, dans ce medley des nominés dans la catégorie Meilleure musique. L'Oscar a été attribué à la musique de Michael Giacchino pour Là-haut, qui a également reçu l'Oscar du Meilleur film d'animation. Plus surprenant — quoi que, vu l'engouement du public pour le style "torture porn", et les films à petits budgets comme Paranormal Activity (avec à la clé une super parodie d'Alec et Steve !) et la résurgence des Vendredi 13 ou encore des Freddy — a été l'hommage sanglant aux films d'horreur, de Nosferatu à Tentation. Ce dernier n'est pas vraiment un film d'horreur, mais ce fut l'occasion idéale d'introduire le couple d'un soir formé par Taylor Lautner et Kristen Stewart, qui était magnifique mais qui semblait être très gênée (décidément, c'est une marque de fabrique !). Et même si au bout du compte, la cérémonie a duré environ trois heures et demi, la chose la plus pénible a dû être la queue de Ben Stiller, déguisé de la tête aux pieds en Na'vi, qui était censé partager ce clin d'œil à Avatar avec Sacha Baron Cohen, qui s'est désisté à la dernière minute. "Le plus marrant c'est qu'Avatar n'est même pas nominé dans cette catégorie. J'aurais mieux fait de porter mes oreilles de Spock", a déclaré Stiller avant de remettre l'Oscar du Meilleur maquillage à l'équipe de Star Trek. "Je possède deux paires d'oreilles signées par Leonard Nimoy, mais ça aurait fait trop ringard." Professionnels jusqu'au bout, Martin et Baldwin ont réussi à finir en beauté, alors même que l'orchestre était déjà en train de jouer un air de "Allez, maintenant, va falloir y aller". Mardi 9 Mars 2010 - 08:07
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