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Pénurie d'essence: 1 station sur 4 à sec et lundi noir à prévoir7 départements étaient encore à court de carburant dimanche et les industriels prévoient une journée de lundi difficile, du fait du peu d'approvisionnement de dimanche.
Une station service sur quatre en France n'est pas approvisionnée, a déclaré dimanche Raymond Soubie, conseiller social de l'Elysée, sans préciser la répartition nationale de cette moyenne. "Il y a un problème logistique très difficile" pour approvisionner le carburant, a-t-il dit sur Europe 1. "Au moment où nous parlons, sur 350 stations service d'autoroute, vous en avez cinq qui sont privées de carburant", a cependant rassuré Raymond Soubie sur Europe 1. "La situation va s'améliorer très progressivement", a promis le conseiller aux affaires sociales de l'Elysée.
Pour autant, l'Union française des industries pétrolières (UFIP) estime qu'une nouvelle dégradation ponctuelle est attendue lundi dans les stations-service françaises, du fait de l'approvisionnement ralenti dimanche par le repos obligatoire des chauffeurs de camions-citerne. "Du fait aussi qu'on a donné toute priorité aux autoroutes, le reste va souffrir un peu dans la journée de demain", précise le patron de l'UFIP, selon lequel "à partir de mardi, on va revenir au niveau où on était". "La bonne nouvelle, c'est qu'il y a eu extrêmement peu de problèmes sur les autoroutes pour les départs en vacances", a-t-il fait valoir. Les industriels de l'UFIP, regroupés avec les indépendants, exploitent le plus gros réseau de distribution de carburants de France, avec environ 7.600 stations-service sur un total de 12.300 pour tout le territoire. Dimanche, la situation restait inchangée, au deuxième jour des vacances scolaires de la Toussaint, les régions Ouest et Ile-de-France étant les plus touchées, a indiqué le ministère de l'Energie, sans toutefois fournir de chiffre global. "En Ile-de France, on avait 35% de stations à sec ou en manque d'au moins un produit, et dans l'Ouest, un petit tiers environ des stations qui posent de réelles difficultés", a indiqué une porte-parole du ministère. Sept départements (Eure, Calvados, Loire-Atlantique, Indre-et-Loire, Val-de-Marne, Oise et Allier) étaient toujours à court de carburant "même si la situation est un peu meilleure" dans l'Oise, a-t-elle ajouté. La veille le ministre de l'Energie, Jean-Louis Borloo, avait fait état d'à "peu près une pompe sur deux d'approvisionnées" dans ces départements. "Dans les zones Est, Sud-ouest, Nord et Sud, environ 10 et 15% des pompes sont à sec", a encore indiqué la porte-parole. Les raffineries : blocages et réquisition. La raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne, est de nouveau réquisitionnée sur ordre de la préfecture, un deuxième arrêté ayant été pris par la préfet après l'annulation du premier pour non-respect du droit de grève. En-dehors de cette réquisition, l'entrée du pétrole brut et la sortie de carburants sont toujours bloquées dans 11 des 12 raffineries françaises, selon la CGT et la CFDT. Neuf sont à l'arrêt - y compris celle de Dunkerque, menacée de fermeture définitive qui ne produit plus depuis septembre 2009. Deux sont en cours d'arrêt (Port-Jerôme d'Exxon Mobil et Petit-Couronne de Petroplus). Une seule, celle de Fos-sur-Mer (Exxon Mobil), dans les Bouches-du-Rhône, fonctionne au débit minimum mais ses réserves de brut sont pratiquement épuisées. Les dépôts pétroliers: les déblocages se poursuivent. La France en possède 219, stocks militaires inclus, et les forces de l'ordre ont entrepris de débloquer tous ceux dont des grévistes entravaient l'accès. Le tribunal administratif de Nantes a rejeté vendredi soir le recours en référé déposé notamment par quatre salariés du dépôt de carburant de Donges contestant leur réquisition par le préfet qui, selon eux, portait atteinte au droit de grève. Des militants ont bloqué vendredi pendant trois heures et demi le dépôt de carburant de Coignières, dans les Yvelines. Les terminaux pétroliers : le point noir. Ceux de Fos-Lavera, qui approvisionnent en pétrole brut six raffineries françaises, sont en grève depuis près d'un mois pour protester contre l'application locale de la réforme portuaire. Les salariés du terminal pétrolier du Havre, en grève depuis le 13 octobre à propos des retraites, bloquent l'entrée du port aux pétroliers. Ce terminal approvisionne entre autres quatre raffineries du nord de la France. Les services de santé fonctionnent normalement. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a elle appelé dimanche les grévistes dans les raffineries à faire preuve de "responsabilité" et "à prendre conscience des difficultés" qu'ils peuvent entraîner, notamment pour les personnes malades. "Véritablement, il s'agit d'une question de responsabilité. Oui, la grève des carburants a des conséquences pour les malades, pour les personnes âgées dépendantes, et il faut savoir arrêter une grève", a-t-elle dit sur Radio J. Elle a toutefois assuré que le système de santé n'était "absolument pas menacé". "Les personnes qui sont en dialyse à domicile sont suivies, les chimiothérapies à domicile sont suivies, les transports sanitaires dans les hôpitaux ne sont pas menacés, nous avons réglé les problèmes d'approvisionnement dans les pharmacies", a-t-elle assuré. La loi en vigueur le 15 novembre ? Raymond Soubie a indiqué dimanche que la loi réformant les retraites devrait être promulguée autour du "15 novembre", après un éventuel recours auprès du conseil constitutionnel. Interrogé sur une éventuelle intervention de Nicolas Sarkozy à cette occasion, M. Soubie a indiqué que "rien de tel" n'était prévu, "ni le principe, encore moins de date". Il a assuré que le président Sarkozy et le gouvernement "ne prenaient pas à la légère" les mouvements de contestation. C'était "forcément un sujet dur, puisqu'on s'attaque à un symbole", la retraite à 60 ans, a-t-il dit. Il a observé toutefois que "la particularité" de l'actuelle contestation était que les services publics n'avaient pas été "paralysés". Le conseiller social de l'Elysée a ajouté qu'il n'y avait "ni vainqueur, ni vaincu". "Cette réforme passera, c'est une victoire pour la France et les Français", a-t-il estimé. Il a jugé l'attitude des syndicats "globalement très responsable". Dimanche 24 Octobre 2010 - 17:33
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