Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte

Quand les Jeunes MRE se saisissent de l'Actualité

Une nouvelle génération d’associations marocaines autonomes a vu le jour en France dans les années 2000. Elle met en lumière une jeunesse qui se réapproprie les débats socio-politiques de son pays d’origine. Une tendance croissante provoquée par l’ouverture démocratique au Maroc et nourrie par l’apprentissage du militantisme en france...



Il n’est pas un trimestre sans que de jeunes Marocains en France organisent un événement en rapport avec l’actualité de leur pays d’origine. Des droits humains à l’engagement citoyen, ils se saisissent des débats en cours. Réunis en associations, ils prennent le relais d’un tissu socio-politique qui s’est construit et a évolué depuis la période coloniale. Héritiers d’une histoire de l’immigration, ils n’en sont pas moins contemporains d’une nouvelle réalité : la transition démocratique dans laquelle le Maroc s’est engagé. Nouveaux espoirs Car le royaume chérifien a opéré une ouverture porteuse de nouveaux espoirs. Une tendance récente que commente Thomas Lacroix, chercheur spécialisé dans les migrations et les réseaux marocains de développement. « Depuis la fin des années 90, on remarque une transformation du paysage associatif marocain en France. Avec une disparition des anciennes grosses structures, comme les amicales ou les associations de réfugiés. » De plus, « le profil des Marocains de France a changé », désormais sont plus visibles « la beurgeoisie, la trentaine et les diplômés ». Qu’il s’agisse de jeunes nés au Maroc ou en France, « un nouveau rapport au pays d’origine se dessine », enrichi « d’une culture de la citoyenneté et de la démocratie en France ». Qui sont ces jeunes et quelles sont leurs motivations ? Brahim Boujabit, vingt-neuf ans, juriste et doctorant en droit à la Sorbonne, est président de la Jeunesse des démocrates marocains à l’étranger. « Le changement me motive », assure-t-il. L’association, née en 2001, est ainsi passée « de la contestation au pragmatisme ». La JDME est à l’origine du forum euro-maghrébin de la jeunesse, co-organisé annuellement par l’Union des jeunes euro-maghrébins. Selon le président de l’UJEM, Samad Filali, informaticien, trente-cinq ans, « il y a plusieurs façons de faire la démocratie. La construction du Maghreb est une des dimensions ». Sans compter que « la politique et l’économie sont des chantiers à mener en même temps ». Politique et économie Une leçon apprise par l’Association des Marocains aux grandes écoles, qui date de 1999 et agit sur ces deux plans. Sur son association, Imad Bouziane, vingt-deux ans, étudiant à Sup de Co Paris, déclare : « on est censés être l’élite. Aujourd’hui, on peut se permettre de revenir et de servir notre pays ». Cette problématique du retour, abandonnée depuis les premières luttes des années 80 pour la citoyenneté et l’égalité en France, réapparaît aujourd’hui. Elle est partagée par Maroc entrepreneurs qui entend bien « inciter les talents marocains à rentrer ». Comment le Maroc, de son côté, répond-il à ces ambitions ? « Le discours royal du 6 novembre 2005 est de loin le plus important car il a restauré la citoyenneté ». Ces propos sont de Mohamed Moussaoui, trente-et-un ans, vivant en France et président du Congress, une ONG représentant les Marocains résidant à l’étranger (MRE). Selon lui, le projet conjoint de création d’un Conseil supérieur de la communauté marocaine à l’étranger, et de participation des binationaux aux prochaines législatives, est un signal fort.

Jeudi 22 Février 2007 - 04:17
Didier Bourg
Lu 232 fois

Editorial | Actualités | Société | Cultures | Médias | Economie | Livres | Géopolitique | Reportage | Dialoguer | Entretien du mois | Docments | Dossier