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SAHARA, autonomie, action et concertationDans son discours du 25 mars tenu à Laâyoune, le Roi du Maroc a confié au Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas) "réactivé", le soin de porter haut les attentes des habitants des régions sahariennes en vue du projet d’autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Dans cette optique, la décision de procéder à de larges consultations avec les partis politiques, situe le Maroc dans une dynamique d’action concertative. Après trente ans d’un conflit du Sahara qui n’en finit pas de s’enliser, l'autonomie, dans le cadre de la souveraineté marocaine, est plus que jamais la solution politique. Ce n’est pas une solution par défaut, bien au contraire. Après l’échec du plan Baker, le Conseil de Sécurité de l’Onu en G Gprorogeant, le 28 avril 2006, le mandat de la Minurso (Mission des Nations unies au Sahara) de six mois, appelle à une solution politique dans un esprit de dialogue. Le Maroc, se positionnant dans cet esprit, présente un projet d’autonomie qui sera le résultat d’un consensus de la classe politique et des autres acteurs de la société avec en premier lieu les enfants du Sahara par le biais du Corcas. Quelle est la nouveauté dans cette proposition ? Le Roi Mohamed VI, en invitant les partis politiques et les habitants du Sahara à faire part de leur vision dans cette affaire, fait ancrer le dialogue et la responsabilisation comme source de résolution des grands défis du Royaume. Quel modèle d’autonomie adopter ? C’est aux politiques et aux forces vives du pays, avec en premier lieu les habitants des provinces sahariennes, de trouver un modèle marocain, mais sans s’interdire de s’inspirer d’autres expériences en la matière comme le modèle allemand, italien ou espagnol, processus qui a permis à la Catalogne par exemple de décoller économiquement avant d’être une locomotive de l’économie espagnole. Outre sa portée en matière de développement économique et humain, la visite royale dans ces provinces, au mois de mars 2006, arrive à un moment clef du conflit du Sahara. La solution du référendum est caduque. La position marocaine qui n’est pas attentiste, espère, avec l’aide de la communauté internationale, donner un cadre réaliste où les différents protagonistes se retrouvent. Le Royaume, en parlant d’une seule voix, veut montrer à cette communauté sa disponibilité à un dialogue constructif pour solutionner le problème du Sahara dans le cadre du respect de son intégrité territoriale. Le Maghreb face au défi de l’unité et du développement En politique intérieure, les partis politiques sont devant leurs responsabilités. Que ce soit pour le code électoral ou le projet d’autonomie, ils ont l’occasion, en faisant des propositions et en accompagnant leur mise en œuvre dans un esprit de concertation, d’ancrer la tradition démocratique. La communauté internationale, quant à elle, prend conscience que les blocages dans cette affaire ne servent aucune partie du conflit et freinent la construction et le développement du grand Maghreb dont les peuples aspirent à vivre en paix et dans la prospérité. Nous n’avons que trop perdu de temps. A l’heure des ententes régionales et des accords euro-maghrébins, la dynamique unitaire doit prévaloir sur les dissensions qui plombent l’élan du développement économique de tous les Etats maghrébins.
Le Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas). Le Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), dont le président est Khali Hanna Ould Er-Rachid, est une instance dédiée au développement économique, social et culturel des provinces du Sud. Le bureau du Conseil se compose du président et de 9 vice-présidents, élus par les 141 membres du Conseil. Les membres du Conseil qui disposent d’un pouvoir délibératif sont choisis parmi les parlementaires, les présidents des Conseils régionaux, les présidents des assemblées provinciales, les présidents des chambres professionnelles, les membres ayant été élus par les tribus au titre du précédent Conseil, les Chioukhs (notables) des tribus, les membres des tribus et des ONG, des représentants des ressortissants originaires des provinces du Sud résidant à l’étranger et des ralliés, ainsi que des personnalités reconnues pour leur aptitude et leur probité. Le Corcas assiste le Roi Mohamed VI pour les questions relatives à la défense de l’intégrité territoriale et l’unité nationale du Royaume, avec pour objectifs d’émettre des avis consultatifs, accomplir les missions que le Souverain lui confie dans ces domaines et proposer des mesures, des initiatives et des actions permettant le retour et l’intégration au sein de la Mère Patrie. Le Corcas doit également agir pour « le renforcement de la solidarité nationale, le développement économique et social des provinces du Sud, la préservaion et la promotion du patrimoine culturel et le participation aux rencontres pour faire connaître la question de l’intégrité territoriale ». La proposition du Maroc concernant l’autonomie de ses provinces du Sud est « intéressante » et constitue un « cheminement très positif », a affirmé la vice-première ministre et ministre belge de la Justice, Laurette Onkelinx, à Bruxelles le 16 avril 2006. L’exemple de la Belgique fédérale où les régions disposent de larges compétences « offre de nombreuses possibilités », a-t-elle estimé, espérant que la proposition marocaine ouvre la voie à un règlement de la question du Sahara. Le Conseil de Sécurité de l'Onu a décidé le vendredi 28 avril 2006, à l'unanimité, de proroger jusqu'au 31 octobre 2006 le mandat de la Minurso (Mission de l'Onu au Sahara). Le Conseil demande « aux parties et aux États de la région de continuer à coopérer pleinement avec l'Organisation des Nations unies pour mettre fin à l'impasse actuelle et progresser vers une solution politique ». Le Maroc, qui s'est felicité de cette adoption, entend poursuivre avec détermination le processus de consultations internes engagé aux niveau national et local selon une démarche que le Roi Mohammed VI a voulu participative, inclusive et démocratique. Kofi Annan (secrétaire général de l’Onu), dans son rapport du 21 avril 2006 au Conseil de Sécurité, avait enterré définitivement le plan Baker. Pour lui, l'impasse politique constitue « une recette pour la violence » et que « la violence ne mènerait pas à un État indépendant au Sahara » et demande au Conseil de Sécurité d'inviter l'Algérie à participer aux négociations directes. Par ailleurs, M. K. H. Ould Errachid, président du Corcas, a appelé le Polisario à accepter, sans délai, d'entamer des négociations pour mettre fin à ce conflit, soulignant que l'application immédiate d'une autonomie élargie, à laquelle a appelé le Roi Mohammed VI, le 25 mars à Laâyoune, est de nature à mettre fin à la tension dans la région. Il a indiqué, le 21 avril, que le Corcas est disposé à engager « un dialogue sincère » avec toutes les associations soutenant le polisario en vue de jeter les bases « d'une coopération fructueuse ». Il précise, dans son message adressé à l'ensemble des associations et ONG concernées, que l'unique objectif de ce dialogue est « d'apporter ensemble une contribution au processus en cours pour un règlement définitif et pacifique du conflit du Sahara dans le but évident de mettre un terme, une fois pour toutes, à ce problème qui n'a que trop duré ». D'autre part, que le Souverain marocain, accédant à une requête des membres du Corcas, a grâcié 46 prisonniers issus des provinces sahariennes. Jeudi 22 Février 2007 - 04:38
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