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Un Collège Abdelmalek Sayad

L’association Les Oranges milite au nom d’une mémoire de l’immigration. Objectif, le baptême de rues et d’édifices de la République du nom de Français illustres issus de la colonisation comme Abdelmalek Sayad, Frantz Fanon, Louis Delgrès ou d’événements marquants comme le 17 octobre 1961, où cent à trois cents Algériens ont été tués à Paris par les forces de police.



« Nous voulons qu’il y ait une trace concrète de la mémoire pour nos enfants et l’ensemble des citoyens de ce pays partout où cela sera possible et nous invitons chaque ville à s’engager dans ce travail éducatif exemplaire, pour que nos enfants retrouvent une fierté qui leur permette de se projeter dans leur avenir en France », explique le comédien et éducateur M’Hamed Kaki, président de l’association. C’est forts de cette ambition que Les Oranges réclament l’attribution du nom du sociologue de renommée internationale, Abdelmalek Sayad, à un collège en construction à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, en région parisienne. Une demande relayée officiellement le 25 octobre dernier par le maire communiste de la ville, Patrick Jarry auprès de Nicolas Sarkozy, président UMP du Conseil général. Mais à ce jour, aucune réponse n’a été formulée par ce dernier. La vice-présidente du Conseil général chargée des collèges, Isabelle Balkany, estime cette demande prématurée. « Refuser c’est occulter la diversité culturelle de notre pays. L’approuver, c’est reconnaître la contribution des parents des Français issus de l’immigration coloniale à la construction économique de l’Hexagone. C’est le service minimum en termes de symbolique et ça ne coûte rien à la collectivité », insiste M’Hamed Kaki. Pour obtenir enfin gain de cause, Les Oranges viennent de lancer une pétition. Pour soutenir cette initiative, contacter le 06 29 87 21 21 ou signer la pétition en ligne sur www.lesoranges.com. Près d’un millier de citoyens et d’associations la soutiennent déjà.

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Chercheur en sciences sociales, directeur de recherche au CNRS, Abdelmalek Sayad s’est attaché pendant trente ans à produire une socio-ethnologie de l’émigration et de l’immigration algérienne, dans ses déterminations et ses conséquences, et dans ce qu’elle dit de toute immigration. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Un Nanterre algérien, terre de bidonvilles. Né en 1933 à Aghbala, un petit village de Kabylie, il nous a quittés en 1998. Dans sa préface de La double absence, Pierre Bourdieu donne un aperçu de l’homme dont il a été l’ami durant quarante années : « Ce qui aurait pu apparaître comme une obsession du travail était en fait un engagement humble et entier dans l’exercice d’un métier de service public, conçu comme un privilège et un devoir ». M’Hamed Kaki avait organisé en novembre 2003 un colloque intitulé Mémoires algériennes, en hommage à Abdelmalek Sayad. Les actes de ce colloque sont édités aux éditions Sylepse.

Jeudi 22 Février 2007 - 04:14
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