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Un monde d'eaux troublesL'eau est devenue source de maintes inquiétudes à l'échelle de la planète. Près de trente ans après la tenue de la Conférence internationale de Mar del Plata (1977) qui tirait la première sonnette d'alarme face aux problèmes d'accès à l'or bleu d'une grande partie des habitants de la planète, force est de constater que les avancées en la matière ont été extrêmement limitées.
Aujourd'hui, près d'1 milliard d'individus n'ont pas accès à l'eau potable. Une situation catastrophique, puisqu'elle cause la mort annuelle de six millions de personnes. Les représentants de la communauté internationale étaient pourtant unanimes, en 1977, quand ils déclaraient que « tout le monde a le droit d'accéder à l'eau potable en quantité et en qualité égales pour ses besoins essentiels ». Depuis, ce constat n'a pas souvent débouché sur des alternatives et des solutions concrètes. Une guerre de l’eau ? A l'échelle de la planète, ce ne sont pas moins de vingt pays, concentrés, à une exception près (Haïti) au Moyen-Orient et sur le continent africain, qui se retrouvent en situation de pénurie d'eau. Cela peut-il augurer d'une guerre pour l'eau, sur le court/moyen terme, dans ces régions ? Les rapports de force politiques et militaires sont tels que la probabilité d’un tel conflit est faible. On verrait mal l'Ethiopie, par exemple, essayer de s'en prendre militairement à l'Egypte pour des motifs hydrauliques. Il en va de même pour la situation qui règne entre la Jordanie et Israël, en dépit des plaintes régulières d’Amman du fait de conditions limitées d'accès à l'eau du Jourdain dont il pâtit. Or, il reste extrêmement risqué de laisser des pays en difficulté prouvée en matière hydraulique continuer à s'enfoncer dans leurs problèmes. Si cette tendance n'est pas inversée - ou même limitée - au plus vite, ce sont pas moins de quarante pays qui risquent, à l'horizon 2050, de figurer au triste chapitre des pays victimes de pénurie d'eau. Suffisamment préoccupante en soi, cette configuration, qui ne manquerait pas de toucher un nombre supplémentaire d'êtres humains, pourrait de surcroît favoriser les conditions pour le déclenchement de guerres pour l'eau. L'or bleu comme substitut à l'or noir ? C'est en tous cas ce qu'un nombre croissant d'experts redoute de plus en plus. Le quatrième Forum mondial de l'eau se réunira du 16 au 22 mars à Mexico. Experts, politiciens et représentants institutionnels divers devraient profiter de cette semaine de débats afin de mettre en exergue les problèmes effectifs liés à la situation de l'eau dans le monde et tenter d'y apporter des solutions. Y parviendront-ils ? Les expériences passées ont prouvé que les paroles restaient bien plus nombreuses que les actions. Ainsi, le slogan retenu pour ce Forum de l'eau 2006 (Des actions locales pour un défi global) se doit d'être concrétisé par des mesures significatives et persuasives. De l’eau pour ceux qui en ont les moyens Les défis posés aux habitants de la planète sont nombreux et ils ne manquent pas d'affecter la situation hydraulique mondiale. La croissance de la population mondiale ne devrait pas connaître de ralentissement avant l'année 2050, avec environ 9 milliards d'êtres humains. Soit autant de personnes que rien ne pourrait justifier de priver d'un accès régulier à une ressource pleinement vitale. Si cette prise de conscience n'a pas pour corollaire une amélioration des conditions d'accès de tout un chacun à l'eau, le pire ne pourrait dès lors être évité que par miracle. Or, les solutions sont bel et bien présentes, quoique nécessiteuses d'investissements financiers et technologiques concrets. Les pays industrialisés sont aussi nombreux, à l'instar du Portugal, à endurer des difficultés d'approvisionnement en eau. Pourtant, leurs populations ne ressentent pas l'ampleur de cette contrainte dans leur quotidien. Et pour cause : les problèmes hydrauliques y sont occultés par des politiques de gestion et de distribution de l'eau très efficaces. Mais qui impliquent des moyens financiers non négligeables, cela va de soi.
---------------------------------------------------- La délégation marocaine à la réunion de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD), sur la consolidation de la paix dans le continent, tenue les 16 et 17 février à Addis Abeba, a appelé à une campagne mondiale pour mettre un terme au trafic des petites armes qui représente un véritable fléau pour les individus et les sociétés. La capitale du Qatar, Doha, abritera du 7 au 15 mars prochain, les travaux de la Conférence Mondiale de Développement des Télécommunications (CMDT). Le point fort de cette rencontre sera la réunion-débat entre des penseurs et des leaders représentant des gouvernements, la société civile, le secteur privé et les organisations internationales, en vue de parvenir à mettre les avantages des technologies de l'information et de la communication (TIC) à la portée de tous. La famine s'aggrave en Somalie, frappée par une sécheresse sans précédent depuis 10 ans, selon un rapport des Nations unies publié le 14 février. La sécheresse touche également certaines régions du Kenya, de l'Ethiopie, de Djibouti, de la Tanzanie et du Burundi. ------------------------------------------------------- On parle de “stress hydrique” lorsque la demande en eau dépasse la quantité disponible pendant une certaine période, voire lorsque la mauvaise qualité de cette eau en perturbe l'usage. Soit une fourchette comprise entre 1000 m3/an/hab. et 1700 m3/an/hab. pour un pays donné. Lorsqu'un pays se retrouve sous le seuil de 1000 m3/an/hab., il est réputé être en situation de pénurie d'eau. Les pays se trouvant aujourd'hui en situation prouvée de pénurie d'eau sont, pour le continent africain : l'Afrique du Sud, l'Algérie, le Burundi, l'Egypte, l'Ethiopie, le Kenya, la Libye, le Malawi, le Maroc, le Rwanda, la Somalie et la Tunisie ; et pour le Proche-Orient : l'Arabie saoudite, l'Iran, Israël, la Jordanie, le Koweït, le Yémen et les Territoires palestiniens. Auxquels vient s'ajouter Haïti. Jeudi 15 Février 2007 - 04:47
Mikail Barah
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