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Zapatero sort légèrement vainqueur du premier débat électoral en Espagne

José Luis Rodriguez Zapatero sort très légèrement gagnant de son premier duel télévisé avec Mariano Rajoy: à moins de quinze jours des élections générales du 9 mars, deux sondages publiés mardi accordaient une petite avance au chef du gouvernement socialiste sortant au lendemain du débat électoral, le premier organisé en Espagne depuis 15 ans, avec son adversaire conservateur.
""Zapatero gagne avec une marge minimale"" titrait mardi ""El Pais"".



Le quotidien, plutôt orienté à gauche, publiait un sondage réalisé par l'institut Metroscopia, dans lequel 46% des personnes interrogées estiment que Zapatero a remporté ce débat contre 42% pour Rajoy. Ils sont 12% à pencher pour un match nul.
Le quotidien conservateur ""El Mundo"" publiait de son côté un sondage réalisé par Sigma Dos avec des résultats similaires: 45,5% en faveur à Zapatero et 42% à Rajoy. Les deux sondages possédaient une marge d'erreur de cinq points. Leurs résultats étaient comparables à ceux réalisés pour trois chaînes de télévision privées.
C'était la première fois en 15 ans qu'un débat pré-électoral télévisé opposait deux chefs de partis en Espagne. Un deuxième duel est prévu le 3 mars, à six jours du scrutin. L'économie, la question basque et l'immigration ont dominé les échanges entre le président du gouvernement socialiste et son adversaire conservateur du Parti populaire (PP).
Ce débat était d'autant plus attendu que les deux hommes sont au coude-à-coude dans les sondages qui font état, par ailleurs, d'un nombre important d'électeurs indécis. Selon un sondage Metroscopia publié dimanche dans le quotidien ""El Pais"", le parti socialiste de Zapatero (PSOE) bénéficie de 3,7 points d'avance sur le Parti populaire (PP) de Rajoy, mais avec une marge d'erreur de 4,1 points, autant dire qu'ils sont statistiquement à égalité.
Lors du débat, les deux hommes se sont mutuellement assommés de statistiques sur tous les sujets, du prix des oeufs au financement des parcours universitaires, en essayant d'étayer leurs argumentaires dans un pays profondément polarisé.
Les deux adversaires se sont mutuellement coupé la parole à plusieurs reprises, mais si le ton est monté lorsqu'ils ont évoqué l'échec des pourparlers de paix avec l'organisation armée basque ETA, chacun a évité les insultes, attaques personnelles ou autres coups bas. Personne n'a paru non plus marquer de point décisif.
Mariano Rajoy a attaqué Zapatero sur l'échec des pourparlers de paix avec ETA, l'accusant d'avoir soulevé la possibilité de faire des concessions au groupe armé, un tabou pour tout gouvernement espagnol. Et il n'a pas manqué de dénoncer le récent aveu de Zapatero, qui a reconnu que son gouvernement était resté en contact avec ETA même après la rupture du cessez-le-feu par le groupe armé en 2006 et la mort de deux personnes dans un attentat à la voiture piégée. ""Vous avez menti. Vous avez dupé tous les Espagnols"", a lancé le responsable du PP. Vous avez joué avec la loi"".
""C'est vous et vous seuls qui avez menti"", a rétorqué José Luis Zapatero, en allusion aux attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Le PP, alors au pouvoir, avait d'abord imputé l'attaque à ETA, alors même que de premiers éléments désignaient la piste d'un réseau islamiste.
Trois jours après le massacre, qui avait fait 191 mots plus de 1.800 blessés, les électeurs espagnols avaient évincé le PP de Rajoy lors des élections générales.
Le chef du gouvernement espagnol a rappelé que son premier acte politique à son arrivée au pouvoir avait été de rappeler les soldats espagnols déployés en Irak par son prédécesseur, José Maria Aznar, allié fidèle du président américain George W. Bush. AP


Mardi 26 Février 2008 - 16:19
Daniel Woolls
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