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Le Grigri international, bimensuel satirique panafricain fondé par le gabonais Michel Ongoundou-Loundah traverse une crise menaçant son existence, et sa parution est suspendue pour le moment, grâce à l'action des ses « colons bienfaiteurs », journalistes de la gauche française qui s'étaient porté à son secours alors que les finances n'étaient pas au beau fixe. Beau ? Justement c'est Nicolas Beau journaliste au Canard enchaîné patron de l'Association des amis du Grigri qui avait permis au quinzomadaire d'assurer sa pérennité. Cette association comptait en son sein des hommes et femmes bien-pensants progressistes « de souche » pour les plus influents, à l'instar de Florence Aubenas, Anna Borel et de William Bourdon -avocat- notamment.

Elle avait progressivement troqué son rôle positif de soutien à la publication du Gri-Gri en colonisation de la ligne éditoriale du satirique qui jouissait pourtant d'une réelle estime auprès d'un lectorat exigeant et plutôt cultivé.

A mesure que le Gri-Gri avançait, la tenaille des chantres de la liberté d'expression théorique prenait possession de l'esprit du bimensuel, et selon nos investigations, le seul rédacteur en chef adjoint africain, Gnim Atakpama voyait plusieurs de ses papiers censurés. Normal cet irresponsable africain s'était entiché de l'idée d'ouvrir une brèche sur la question du rôle positif de la colonisation, s'effarouchant du fait que l'Etat français ne sollicite même pas les colonisés pour décider du bien qu'il leur avait nécessairement apporté, même à leur insu .

La dérive éditoriale était perceptible dans le traitement systématiquement à charge des affaires Dieudonné, ou dans les chroniques de livres complaisantes comme le révèle d'autres membres de l'Association des amis du Gri-Gri restés fidèles au canal originel africain dans un droit de réponse à un article paru le 28 février dans le Nouvelobs.com : « De satirique panafricain d'investigation et d'humour, le Gri-Gri était devenu la plaquette publicitaire déguisée des livres d'un certain nombre de virtuoses de la bonne conscience peuplant certaines salles de rédaction de Paris.


GRI GRI


Le dernier numéro publiait ainsi de très larges extraits de deux livres : « Une imposture française » de Nicolas Beau et son ami Olivier Toscer (journaliste au Nouvel Observateur), et « Majesté je dois beaucoup à votre père » de Jean-Pierre Tuquoi (journaliste au Monde). »

Bref le Grigri africain international intraitable rétrogradait en fromage parisiano-parisien et sa verve émasculée ne crachait plus que le cri des autres, le commentaire françafricain de la politique française, africaine, critique autorisée des autocrates africains, trop irrévérencieuse pour leurs complices blancs de souche.... Vieille histoire.

Ayant pris le contrôle effectif de la rédaction, les positifs de la colonisation éditoriale allaient piquer un accès de colère lorsque le patron du journal envisagea de publier un entretien -dit complaisant par le Nouvelobs.com- de Jean-Marie Le Pen. La démission en bloc des dirigeants [blancs mais pas tous] de l'association poussait la société d'exploitation qu'ils administraient à fermer boutique et donc à arrêter de facto la production du satirique panafricain.

Joint par Afrikara.com, Gnim Atakpama donne son point de vue sur cet énième rebondissement qui a fait sortir les censeurs de leur retenue : " Je suis plus gêné par une interview de Driss Basri dans le Grigri que par celle de Le Pen. Pour la simple raison que le premier fut comme on le sait, pendant un quart de siècle, le bras droit et l'exécuteur redouté des basses œuvres du roi Hassan II. Je rappelle que ce monsieur n'a jamais exprimé un seul regret. Quant à Le Pen, tous les Africains et Maghrébins avec lesquels j'ai discuté trouvent bienvenue une interview de Le Pen dans le Grigri.

Cela ne les gène pas plus que de le retrouver dans Le Parisien ou à Canal+ ; surtout en ce moment où un tiers de français se dit racistes". On pourrait rajouter qu'aujourd'hui Sarkozy qui a quartier libre dans tous les médias a eu des mots et attitudes récurrentes inadmissibles à l'endroit des Noirs qualifiés de violents, de racaille sans que la bien-pensance ne s'offusque au-delà du conventionnel.

La droite et la gauche ont construit les politiques de discriminations dont les émeutes sont un choc en retour, ces politiques à relents racistes ne sont pas le fait de l'extrême droite, pas davantage que les crimes de la françafrique sur le continent africain.

L'affaire du Grigri international décline des faits bien connus de néo-colonialisme, et illustre que cette censure de la Françafrique, ces comportements hégémoniques sont dyslexiques, d'extrême droite à l'extrême gauche depuis les temps de négriers. L'illusion facile des fraternités de gauche, de convictions politiques, de religions, de maçonneries, ne résiste que tant que l'on se ferme aux faits historiques et contemporains. Un Beau cas de coopération et d'assistance technique française dont tout le monde ne redemandera pas !

Quand au Grigri qui aurait pu mieux faire honneur à son patronyme, il est payé pour sa surprenante naïveté dans la gestion de ses rapports avec ladite Association des amis du Grigri international et pour avoir surestimé la valeur de son appartenance à la gauche française, lui l'Africain.

Pierre Prêche

Source : http://www.afrikara.com/index.php?p...

"Rôle positif de la colonisation de gauche au Gri-Gri international : Le satirique panafricain saboté" le 28/03/2006 par Pierre Prêche