Les nouveaux dispositifs électoraux annoncés par le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, le 2 novembre 2006, permettront aux Marocains résidant à l’étranger de participer aux élections législatives et communales. Le roi Mohammed VI, dans son discours prononcé à l’occasion du XXXIe anniversaire de la Marche verte, le 6 novembre 2006, a clairement défini cette nouvelle mesure, indiquant qu’elle avait pour objectif de défendre la diaspora marocaine et de lui permettre de vivre harmonieusement son identité au sein des pays d’accueil.
La question religieuse a également été prise en compte. Après un traitement marginal, elle fait de plus en plus l’objet d’une approche citoyenne, visant à garantir une protection spirituelle à la diaspora. Lors des causeries hassaniennes de Ramadan 2006, le roi Mohammed VI a reçu plus d’une quinzaine de représentants religieux de la diaspora en Europe.
La gestion du culte est confrontée aux législations en vigueur dans les pays d’accueil et à la multiplication des référents religieux. La capacité des institutions religieuses marocaines et leur crédibilité seront sans doute mesurées à la lumière de leurs méthodes de gestion de ce dossier et des résultats obtenus en la matière. Devant la multiplication de voix dissonantes, il devient urgent d’agir rapidement afin d’assurer la protection spirituelle des Marocains de l’étranger et de mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour mieux vivre leur spiritualité, en harmonie avec leur identité.
Il est regrettable d’entendre certaines voix, sans vraie connaissance de la diaspora marocaine, traiter cette question avec légèreté, comme si les thématiques religieuses n’étaient pas géostratégiques dans le monde moderne en quête de sens.
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Racines plus ouverture égale célébrité
Jamel Debbouze, Amel Bent, Gad Elmaleh, Fouad Laroui, Tahar Ben Jelloune, Rachida Khalil…
Tous sont des personnalités médiatisées exerçant un pouvoir certain de séduction sur la société européenne, où une grande partie de la diaspora marocaine s’est établie depuis des décades.
Leur notoriété s’est bâtie sur la capacité de conjuguer racines et ouverture sur les sociétés dans lesquelles ils sont nés, ont grandi ou évolué. Des milliers de Marocaines et de Marocains à l’étranger excellent également dans le domaine de la recherche scientifique, des affaires, au sein des partis politiques, syndicats, et sociétés civiles et constituent la masse silencieuse qui reste très attachée à ses origines, à son histoire. Certes, vivre en diaspora aiguise l’identité tout en accentuant la volonté de réussir et de donner le meilleur de soi même. Bien entendu, la diaspora marocaine n’est pas constituée uniquement de personnes sans difficultés, elle n’échappe pas en cela à la situation du reste de la société avec son lot de précarité et d’exclus.
Par Hakim El Ghissassi
Entrepreneur en France, Hakim El Ghissassi est ancien directeur de la revue La Medina. Il a déjà lancé le site Web Sézame, ainsi que deux magazines, en français et en arabe, Sézame et Madarik. Il vient de publier chez Michel Lafon (Paris) «Regard sur le Maroc de Mohammed VI»
source / l'economiste, 28 novembre 2006