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Paroles de Bouchta El HayaniOriginaire de Taounat, il commence sa vie artistique à Rabat après des études en arts plastiques. Maîtrisant le dessin, il collabore dans les années 70 comme illustrateur à la fameuse revue Al-Asas, avant d’entamer une longue carrière de peintre. il est actuellement membre du bureau de l’Association marocaine des arts plastiques (Amap).
Ses souvenirs nous font redécouvrir le café Balima comme lieu de rencontre culturel et intellectuel, nous font remonter aux années 80 lorsqu’il débute comme peintre professionnel à Bab Rouah et à l’atelier. De fil en aiguille, il évoque Paris, d’autres endroits puis surtout sa récente grande exposition à Rabat en 2005. Pourquoi l’intérêt pour le corps dans votre peinture ? L’artiste est sociable. Il lit, regarde, écoute. Or, durant ces années, ça ne parlait que de problèmes, l’Irak, l’immigration clandestine. Moi, j’y étais sensible. Avoir représenté le corps tel que je l’ai conçu était une réflexion sur l’homme. J’avais l’impression que l’homme avait perdu son sens de l’humain. Normalement, l’homme tient à la vie ! Et voilà que des hommes se suicident pour un Eldorado ou pour intenter à la vie des autres. C’est un petit peu ça qui a poussé à cette exposition. Que pensez-vous du statut de l’artiste ? Il est temps de reconnaître à l’artiste le droit d’être artiste de profession. La question du statut est certes délicate, mais il faut trouver une formule de concorde. Déjà, trois ou quatre ministres de la Culture en avaient parlé. Avec l’actuel, la chose avance, elle a été discutée au parlement. Je crois que les choses avancent mais à un rythme lent. Et pour le musée d’art contemporain ? Il était temps ! Quand on voit nos voisins à côté, la Tunisie et l’Algérie… Un musée, pour moi, joue un rôle pédagogique. Au lieu du bouche à oreille, le musée va nous débarrasser de l’handicap de visibilité vis-à-vis du public marocain ou étranger ; il va aussi palier le problème de la formation artistique. Je tiens à ce qu’on ait un lieu où on va trouver une mémoire. Et où se décidera qui est artiste et qui ne l’est pas ? Non ! Une mémoire… Le musée va orienter le public et les professionnels. A côté, est-ce qu’il y a un marché de l’art ? Un embryon… pour le moment, il n’y a que des amateurs, artistes, commerçants et marchands amateurs… Tant qu’il n’y a pas un marché local bien structuré, on ne peut pas parler de marché de l’art. Ce n’est que dans l’échange entre l’international et le national qu’on peut créer un vrai marché de l’art. Mais quelle est l’instance qui décide aujourd’hui de la cote de l’artiste ? Finalement, c’est l’artiste lui-même qui crée sa cote, qui décide de son prix et chacun fait comme il veut. Que pensez-vous des Marocains qui s’essaient à l’expérience exotique ? Effet de l’exotisme et de l’ignorance. Finalement, il y a toujours le mimétisme. Certains occidentaux veulent des riads et une peinture orientaliste, donc nous aussi on imite. J’aurais aimé que ça vienne de nous, un besoin propre ! L’effet galeristes de Marrakech répond-il à une demande ? Oui, un marché local y existe. Pour reprendre Mohamed Métalsi, les meilleurs créateurs, architectes et artistes vont là où se trouve l’argent. L’argent s’intéresse à Marrakech, les galeristes suivent.
Jeudi 22 Février 2007 - 04:50
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